Les indices INSEE sont la référence officielle pour réviser les prix d’un marché public de travaux ou de services. Le système comprend plus de 80 séries réparties en plusieurs familles : indices Bâtiment (BT), indices Travaux Publics (TP), indice Ingénierie (ING), indice Syntec, indices Espaces Verts (EV) et une dizaine d’indices spécialisés couvrant le transport, le matériel de chantier, la signalisation ou encore les dispositifs de retenue routière.
Les valeurs publiées chaque mois par l’INSEE sont consultables gratuitement sur le portail officiel insee.fr. Cet article se concentre sur ce que l’on n’y trouve pas : la mécanique de fonctionnement des indices, le cadre juridique de la révision de prix, la méthode pour choisir l’indice adapté à chaque type de marché, et les erreurs contractuelles les plus fréquentes. Pour une PME qui répond à un appel d’offres ou qui rédige un avenant de révision, comprendre quel indice appliquer et comment le lire dans un CCAP vaut souvent plus que connaître sa dernière valeur.
L’astuce du pro 💡
Il y a quelques années, je calculais les révisions de prix de mes clients avec un stylo, un CCAP papier et la table des indices imprimée depuis le site de l’INSEE. Puis c’est passé à Excel, avec des formules maison et des copier-coller depuis la Banque de données macroéconomiques. Aujourd’hui, on utilise des outils d’extraction automatique qui croisent l’indice du CCAP avec la dernière valeur publiée. L’outil a changé. Le piège, lui, est resté le même : un mauvais indice dans le CCAP, et tout le calcul est faux, quel que soit l’outil.
Spécialiste appels d’offres pour les PME
Qu’est-ce qu’un indice INSEE de révision de prix ?
Un indice INSEE de révision de prix mesure mensuellement l’évolution du coût d’un poste économique précis (matériaux, main-d’œuvre, transport, énergie) et permet de réajuster automatiquement le prix d’un contrat public selon une formule contractuelle inscrite au CCAP, conformément à l’article R2112-13 du Code de la commande publique.
Un indice INSEE de révision de prix mesure l’évolution mensuelle du coût d’un poste économique précis dans le secteur de la construction. Son rôle : permettre le réajustement automatique du prix d’un contrat public selon une formule inscrite au CCAP (Cahier des Clauses Administratives Particulières).
Dans un marché public de travaux ou de services pluriannuel, les coûts évoluent entre la signature du contrat et son exécution. L’article R2112-13 du Code de la commande publique impose au pouvoir adjudicateur de prévoir une clause de révision dès lors que les conditions économiques sont susceptibles d’évoluer significativement pendant la durée du marché.
Chaque indice est identifié par un code court (BT01, TP09, ING, Syntec, etc.) et par un numéro de série officiel à neuf chiffres, consultable sur insee.fr. Le calcul de chaque indice repose sur une décomposition analytique des coûts en six postes : matériaux (K), main-d’œuvre (O), transport (T), équipement (E), divers (D) et, pour certains indices récents, déchets (W). Le pouvoir adjudicateur choisit l’indice dont la composition reflète au mieux la réalité économique du marché.
Comment choisir l’indice INSEE adapté à votre marché
Le choix de l’indice de révision dépend de la nature économique dominante du marché : un indice généraliste comme BT01 ou TP01 convient aux marchés multi-lots, un indice spécialisé (BT47 pour l’électricité, BT38 pour la plomberie, BT41 pour la climatisation, BT50 pour la rénovation-entretien) capte plus fidèlement les variations de coûts d’un métier et protège mieux le titulaire sur la durée du contrat.
Le choix de l’indice de révision est l’une des décisions contractuelles les plus sous-estimées dans la rédaction d’un CCAP. Un indice mal choisi ne protège ni l’acheteur ni le titulaire : il fausse le mécanisme de révision et peut créer un déséquilibre financier significatif sur la durée du marché.
Marché tous corps d’état ou marché monométier
Le BT01 (tous corps d’état) et le TP01 (index général travaux publics) sont des indices généralistes. Leur composition reflète un panier moyen de coûts, toutes spécialités confondues. Ce choix est pertinent pour un marché multi-lots ou un marché dont aucun corps de métier ne représente une part dominante.
En revanche, sur un marché monométier, un indice spécialisé est presque toujours plus protecteur. Prenons un marché 100 % électricité : le BT47 (électricité) capte directement les variations du cuivre, des câbles et des composants électriques. Le BT01, lui, dilue ces variations dans un panier où la maçonnerie, le bois et la peinture pèsent autant que l’électricité. Si le cuivre flambe de 25 % en six mois, le BT47 le reflète, le BT01 l’amortit. Pour le titulaire d’un marché d’électricité, la différence peut représenter plusieurs points de marge. La même logique s’applique à tous les corps de métier disposant d’un indice dédié : BT38 pour la plomberie, BT41 pour la climatisation, BT53 pour l’étanchéité, etc.
Pour un marché de rénovation ou d’entretien, le BT50 (rénovation-entretien tous corps d’état) est souvent plus représentatif que le BT01, car sa composition intègre une pondération différente entre main-d’œuvre et matériaux, plus conforme à la réalité d’un chantier de maintenance.
Marché mixte : travaux + prestations intellectuelles
Certains marchés combinent une composante travaux et une composante d’études ou de conception. Dans ce cas, la formule de révision peut associer un indice BT ou TP (pour la partie chantier) avec un indice ING ou Syntec (pour la partie intellectuelle), selon une pondération définie au CCAP. Par exemple : 70 % de BT06 pour le gros œuvre béton et 30 % de Syntec pour les études associées.
La clé est que la pondération reflète la réalité économique du marché, pas une répartition arbitraire. Un marché où l’ingénierie représente 40 % du montant ne devrait pas affecter 10 % au Syntec pour simplifier la formule.
Travaux publics, canalisations, espaces verts
La famille TP offre une granularité fine par type d’ouvrage. Pour un marché de voirie urbaine, le TP08 est plus précis que le TP01 généraliste. Pour des canalisations, le choix dépend du matériau : TP10f pour l’assainissement et l’adduction d’eau (anciennement TP10a), TP10c pour le polyéthylène, TP10d pour le béton, TP10e pour le gaz.
Les marchés d’espaces verts disposent de quatre indices dédiés : EV1 (végétalisation), EV2 (phytosanitaires), EV3 (création) et EV4 (entretien). Le choix entre EV3 et EV4 dépend de la nature dominante du marché : un marché de création paysagère et un marché d’entretien annuel n’ont pas la même structure de coûts.
Pour la signalisation routière, les indices TSH (signalisation horizontale) et PMR (produits de marquage) suivent un calendrier trimestriel, tandis que les DRR01 et DRR02 couvrent les dispositifs de retenue routière.
Ingénierie (ING) ou Syntec : lequel choisir ?
Ces deux indices couvrent des prestations intellectuelles, mais avec des périmètres distincts. L’indice ING mesure le coût de production des services d’ingénierie et d’études techniques : bureaux d’études, maîtrise d’œuvre, surveillance de chantier. L’indice Syntec couvre plus largement les prestations de conseil, d’ingénierie informatique et d’études.
En pratique : un marché de maîtrise d’œuvre pour un ouvrage de bâtiment ou de génie civil relève de l’ING. Un marché de conseil en organisation, de développement logiciel ou d’assistance à maîtrise d’ouvrage relève du Syntec. Cet arbitrage n’intervient pas au stade de la candidature ou de la rédaction du dossier de réponse à un appel d’offres : il devient pertinent uniquement au moment où la formule de révision de prix doit être appliquée pour réajuster le prix contractuel.
Les familles d’indices : BT, TP, ING, Syntec et spécialisés
Les indices INSEE de la construction se répartissent en familles structurantes : Bâtiment (BT) pour les corps de métier du bâtiment, Travaux Publics (TP) pour le génie civil et les infrastructures, Ingénierie (ING) et Syntec pour les prestations intellectuelles, Espaces Verts (EV) pour le paysagisme, et plusieurs indices spécialisés couvrant transport, matériel de chantier, signalisation routière et dispositifs de retenue.
Indices Bâtiment (BT)
La famille BT couvre l’ensemble des corps de métier du bâtiment, du gros œuvre à la finition. Chaque indice est dédié à un secteur économique précis. Le tableau ci-dessous présente les indices les plus couramment utilisés en marché public ; l’ensemble des indices BT actifs est détaillé dans nos guides dédiés (liens en fin d’article).
| Code | Intitulé | Secteur d’application | Guide dédié |
|---|---|---|---|
| BT01 | Tous corps d’état | Travaux neufs tous métiers | Voir BT01 |
| BT02 | Terrassements | Excavations | Voir BT02 |
| BT06 | Ossature, ouvrages en béton armé | Gros œuvre béton | Voir BT06 |
| BT07 | Ossature et charpentes métalliques | Structures acier | Voir BT07 |
| BT38 | Plomberie sanitaire | Installations sanitaires | Voir BT38 |
| BT40 | Chauffage central | Systèmes de chauffage | Voir BT40 |
| BT41 | Ventilation et climatisation | Systèmes CVC | Voir BT41 |
| BT47 | Électricité | Installations électriques | Voir BT47 |
| BT50 | Rénovation-entretien tous corps d’état | Maintenance bâtiments | Voir BT50 |
| BT53 | Étanchéité | Membranes étanchéité | Voir BT53 |
| BT54 | Ossature Bois | Structures bois | Voir BT54 |
| BT55 | Isolation thermique par l’extérieur | ITE enduit sur isolant | Voir BT55 |
Évolutions structurelles récentes. L’indice BT12 (Revêtements en textiles naturels) a été supprimé par l’INSEE en janvier 2026. Pour les contrats l’utilisant encore, l’INSEE et la FFB recommandent le passage à l’indice BT11 avec application d’un coefficient de raccordement de 1,0028 (source : INSEE Informations Rapides, 13 mars 2026 ; FFB). L’indice BT55 (Isolation thermique par l’extérieur) a été créé en janvier 2026. C’est le premier indice de la famille BT à intégrer le poste « déchets » (W) dans sa décomposition analytique, reflétant les obligations croissantes de gestion des résidus de chantier.
Indices Travaux Publics (TP)
La famille TP couvre le génie civil et les ouvrages d’infrastructure. Elle se distingue de la famille BT par une granularité fine sur les terrassements (TP03a à TP03d), les travaux souterrains (TP05a à TP05e), les canalisations (TP10b à TP10f) et les travaux maritimes ou immergés (TP07b, TP13a). · TP01 – Index general tous travaux · TP02 – Genie civil et ouvrages d’art · TP08 – Voirie urbaine · TP09 – Enrobes · TP10f – Canalisations eau/assainissement · TP07b – Travaux maritimes en beton et acier · TP03b – Travaux a l’explosif · TP05b – Souterrains en tunnelier · TP06a – Grands dragages maritimes · TP06b – Dragages fluviaux · TP10d – Reseaux chauffage et froid · TP11 – Canalisations grandes distances · TP12a – Reseaux energie et communication · TP12b – Eclairage public installation · TP12c – Eclairage public maintenance · TP12d – Reseau fibre optique · TP13 – Charpentes metalliques · TP14 – Travaux immerges scaphandriers
| Code | Intitulé | Secteur d’application |
|---|---|---|
| TP01 | Index général tous travaux | TP tous types |
| TP02 | Génie civil et ouvrages d’art neufs | Ponts, viaducs |
| TP03a | Grands terrassements | Excavations lourdes |
| TP04 | Fondations et travaux géotechniques | Fondations profondes |
| TP05a | Travaux en souterrains traditionnels | Galeries |
| TP08 | Aménagement et entretien voirie urbaine | Routes urbaines |
| TP09 | Fabrication et mise en œuvre d’enrobés | Revêtements bitumineux |
| TP10f | Canalisations assainissement et adduction d’eau | Réseaux eau et assainissement |
L’ensemble des indices TP actifs, incluant les sous-familles terrassements spécialisés (TP03b/c/d), souterrains (TP05b/c/d/e), canalisations par matériau (TP10b/c/d/e) et travaux d’électricité TP (TP14), sera détaillé dans les guides dédiés à paraître prochainement.
Évolutions structurelles récentes. L’indice TP10a a été renommé TP10f, avec un nouvel intitulé reflétant l’élargissement du périmètre aux matériaux composites. L’indice TP13 est devenu TP13a en janvier 2024, sans modification de méthodologie (source : INSEE Informations Rapides 2024 ; FNTP). L’IPC gazole non routier, composante de plusieurs indices TP, a fait l’objet d’un changement de série officielle : un point à vérifier dans toute clause contractuelle qui le référence directement.
Indices ING et Syntec
L’indice ING (Ingénierie) mesure l’évolution du coût de production des services d’ingénierie et d’études techniques. Publié mensuellement par l’INSEE, il est utilisé pour les marchés de maîtrise d’œuvre, les contrats de bureau d’études et les prestations de surveillance de travaux. Quatre guides approfondissent son fonctionnement : guide complet ING, évolution historique, application contractuelle, gestion des risques financiers.
L’indice Syntec, créé en 1961 par la Fédération Syntec et reconnu officiellement par le Ministère de l’Économie en 1974, mesure l’évolution du coût de la main-d’œuvre intellectuelle pour les prestations de conseil, d’ingénierie informatique et d’études. Calculé mensuellement par enquête sur un panel de sociétés représentatives, il fait l’objet d’un coefficient de raccordement officiel pour les contrats antérieurs à un changement méthodologique. Voir notre guide complet Syntec.
Indices spécialisés : transport, matériel, espaces verts, signalisation
Au-delà des grandes familles, l’INSEE publie une série d’indices couvrant des postes de coûts spécifiques que l’on retrouve fréquemment en complément dans les formules de révision.
| Code | Famille | Usage | Guide dédié |
|---|---|---|---|
| TRBT | Transport | Transport chantier bâtiment | Voir TRBT |
| TRTP | Transport | Transport chantier TP | Voir TRTP |
| MABTGO | Matériel | Engins lourds gros œuvre | Voir MABTGO |
| MABTSO | Matériel | Petit équipement second œuvre | Voir MABTSO |
| MATP | Matériel | Engins TP | Voir MATP |
| FD | Frais | Frais subsidiaires généraux | Voir FD |
| FV | Fournitures | Plants et semences | Voir FV |
| EV1 | Espaces verts | Travaux de végétalisation | Voir EV1 |
| EV2 | Espaces verts | Application phytosanitaires | Voir EV2 |
| EV3 | Espaces verts | Création d’espaces verts | Voir EV3 |
| EV4 | Espaces verts | Entretien d’espaces verts | Voir EV4 |
| TSH | Signalisation | Signalisation horizontale (trimestriel) | Voir TSH |
| PMR | Signalisation | Produits de Marquage Routier (mensuel depuis 2025, base 2010) | Voir PMR |
| DRR01 | Sécurité routière | Fourniture dispositifs de retenue | Voir DRR01 |
| DRR02 | Sécurité routière | Fourniture et pose dispositifs de retenue | Voir DRR02 |
| ICC | Construction | Indice Coût Construction (trimestriel, base 1953) | Voir ICC |
| IM | Comptable | Réactualisation des actifs matériels du BTP (mensuel, base 2010) | Voir IM |
Comment fonctionne la formule de révision de prix
La formule standard de révision de prix en marché public est P révisé = P initial × (I actuel / I référence) ; en pratique la majorité des CCAP utilisent une formule pondérée combinant plusieurs indices, dont la somme des coefficients est égale à 1, pour refléter fidèlement la structure de coûts réelle du marché.
La formule de base
La formule standard de révision en marché public est :
P révisé = P initial × (I actuel / I référence)
Où P initial est le prix contractuel d’origine, I référence la valeur de l’indice à la date de référence fixée par le CCAP, et I actuel la valeur de l’indice à la date de révision.
Exemple pédagogique : un marché signé avec un indice BT01 à la valeur fictive de 120. Si, à la date de révision, le BT01 est passé à 132, le rapport (132 / 120) = 1,10 traduit une hausse de 10 % du coût. Le prix initial est donc majoré de 10 % pour préserver l’équilibre économique du contrat. La même mécanique s’applique à la baisse : si l’indice recule, le prix révisé diminue proportionnellement.
La formule multi-indices pondérée
En pratique, la majorité des CCAP sérieux utilisent une formule combinant plusieurs indices, chacun affecté d’un coefficient de pondération reflétant sa part dans le coût réel du marché :
P révisé = P initial × [ a × (I₁ actuel / I₁ référence) + b × (I₂ actuel / I₂ référence) ]
Où a + b = 1 (la somme des coefficients est toujours égale à 1).
Par exemple, un marché de gros œuvre avec une composante transport significative pourrait utiliser 75 % de BT06 (béton armé) et 25 % de TRBT (transport bâtiment). Si le BT06 progresse de 8 % et le TRBT de 12 %, la révision pondérée donne : 0,75 × 1,08 + 0,25 × 1,12 = 1,09, soit une hausse de 9 %, ce qui est plus représentatif de la réalité économique du chantier qu’un indice unique.
La pondération doit être inscrite dans le CCAP et est contractuellement opposable aux deux parties. Toute modification ultérieure nécessite un avenant.
Raccordement entre bases anciennes et base actuelle
L’INSEE procède périodiquement à des changements de base (le dernier en date ayant basculé vers la base 100 = octobre 2014). Pour les contrats signés sous une base antérieure, l’INSEE publie des coefficients de raccordement permettant de prolonger les anciennes séries. La formule devient :
Indice prolongé = Indice nouvelle base × Coefficient de raccordement
Ces coefficients restent applicables pendant toute la durée du contrat. Pour un cas d’application détaillé sur l’indice ING : application contractuelle ING en base 2010. Pour les valeurs INSEE en vigueur applicables à un contrat spécifique, se référer au portail officiel insee.fr.
Pièges courants et erreurs à éviter
Les erreurs contractuelles les plus fréquentes sur les clauses de révision de prix sont l’utilisation de BT01 par défaut sur un marché monométier, la confusion entre indices aux intitulés proches (BT26 vs BT51), l’oubli d’une clause de substitution en cas de suppression d’indice, l’imprécision sur le mois de référence retenu, et la confusion entre l’ICC (logements neufs trimestriels) et les indices BT (mensuels).
Nous accompagnons chaque année des PME et ETI dans la rédaction de leurs clauses de révision de prix. Certaines erreurs reviennent régulièrement et peuvent coûter cher sur la durée d’un marché.
Utiliser BT01 par défaut sur un marché monométier. Le BT01 est un indice généraliste dont la composition reflète un panier moyen tous corps d’état. Sur un marché 100 % plomberie ou 100 % électricité, il dilue les variations de coûts propres au métier concerné. Si le cuivre ou le PVC flambe, le BT01 amortit la hausse là où le BT47 ou le BT38 la reflète fidèlement. Le BT01 n’est pas un choix prudent, c’est un choix imprécis.
Confondre deux indices aux intitulés proches. Exemple classique : le BT26 (fermeture de baies en plastique PVC) et le BT51 (menuiseries PVC). Les deux contiennent « PVC » dans leur intitulé, mais leurs périmètres et leurs compositions analytiques diffèrent. Inscrire l’un au lieu de l’autre dans un CCAP crée un décalage entre l’indice et la réalité économique du lot.
Oublier la clause de substitution. Que se passe-t-il si l’INSEE supprime l’indice prévu au contrat ? C’est arrivé avec le BT12 en janvier 2026. Sans clause de substitution dans le CCAP, la suppression d’un indice oblige les parties à négocier un avenant, procédure lourde et parfois conflictuelle. Prévoir dès la rédaction du CCAP une clause de remplacement automatique (par l’indice de raccordement désigné par l’INSEE ou, à défaut, par un indice de la même famille) évite ce blocage.
Mal définir le mois de référence. Le CCAP doit préciser quelle valeur d’indice sert de référence : celle du mois de remise des offres, du mois de notification, du mois m-3 par rapport à la notification ? Le choix n’est pas anodin. En période de hausse des coûts, un mois de référence plus ancien signifie un indice de départ plus bas, donc une révision plus favorable au titulaire. En période de baisse, c’est l’inverse. L’imprécision sur ce point est l’erreur la plus coûteuse en pratique, et aussi la plus fréquente.
Confondre l’ICC et les indices BT. L’Indice du Coût de la Construction (ICC) est trimestriel, exprimé en base 100 = T4 1953, et ne couvre que les logements neufs. Les indices BT sont mensuels, en base 100 = octobre 2014, et couvrent l’ensemble des travaux de bâtiment. L’ICC ne remplace pas un indice BT dans une formule de révision de prix au sens du Code de la commande publique.
Questions fréquentes sur les indices INSEE en marchés publics
Les indices BT, TP et ING sont publiés mensuellement par l’INSEE, l’ICC et le PMR sont trimestriels ; en cas de suppression d’un indice (comme BT12 en janvier 2026), un coefficient de raccordement officiel est publié vers l’indice de remplacement (BT12 vers BT11 avec coefficient 1,0028) ; en l’absence de clause de révision dans un CCAP, le prix est dit ferme et reste inchangé pendant toute la durée du marché.
Les deux termes sont synonymes dans le vocabulaire INSEE, qui les utilise indifféremment dans ses publications. Le terme « indice » est plus courant dans la documentation officielle française et la pratique contractuelle ; « index » est un calque anglais parfois employé. Tous les codes (BT01, TP09, ING) désignent une série d’indice unique identifiée par un numéro de série officiel à neuf chiffres.
Les indices BT, TP, ING et la plupart des indices de la construction sont publiés mensuellement, avec un décalage d’environ un mois (les indices d’un mois donné sont publiés le mois suivant). Les indices ICC, TSH et PMR suivent un calendrier trimestriel. Pour connaître la dernière valeur publiée d’un indice, le portail officiel insee.fr fait foi.
Deux cas se présentent. Si l’INSEE désigne une série de remplacement avec un coefficient de raccordement (comme BT12 vers BT11 avec coefficient 1,0028), il convient d’utiliser cette série en appliquant le coefficient. Si aucune série de remplacement ne correspond exactement, un avenant contractuel doit être signé entre les parties pour substituer un indice approprié. Le Guide du prix dans les marchés publics de la DAJ Bercy formalise cette procédure.
Oui. C’est même une pratique recommandée pour les marchés dont la structure de coûts ne correspond pas à un seul indice. La formule de révision peut combiner plusieurs indices avec des pondérations différentes, à condition que la formule soit explicitement inscrite dans le CCAP et que la somme des coefficients soit égale à 1. Les pondérations sont ensuite contractuellement opposables aux deux parties.
Toutes les valeurs sont accessibles gratuitement sur le portail officiel insee.fr, dans la rubrique « Indices BT et TP ». Chaque indice dispose d’une URL dédiée par numéro de série. Les Informations Rapides mensuelles synthétisent les nouvelles valeurs publiées.
En l’absence de clause de révision, le prix est dit « ferme » : il reste inchangé pendant toute la durée d’exécution du marché, quelle que soit l’évolution des coûts. L’article R2112-13 du Code de la commande publique impose toutefois au pouvoir adjudicateur de prévoir une clause de révision dès lors que le marché est susceptible d’être affecté par des variations économiques significatives. Un prix ferme sans justification expose le titulaire à un risque financier important, et peut également être contesté par les candidats au stade de la consultation. Pour les mécanismes de rééquilibrage en cours d’exécution : la théorie de l’imprévision, la clause de revoyure.
Guides complets par indice INSEE
Chaque indice fait l’objet d’un article dédié sur notre site, détaillant sa composition analytique, son secteur d’application et ses cas d’usage contractuels.
Indices Bâtiment (BT)
BT01 – Tous corps d’état · BT02 – Terrassements · BT03 – Maçonnerie · BT06 – Béton armé · BT07 – Charpentes métalliques · BT08 – Plâtre et préfabriqués · BT09 – Carrelage · BT10 – Revêtements plastique · BT11 – Textiles synthétiques · BT14 – Pierre naturelle · BT16b – Charpente bois · BT18a – Menuiserie intérieure bois · BT19b – Menuiserie extérieure bois · BT26 – Fermeture PVC · BT27 – Fenetres aluminium · BT28 – Fermeture métaux ferreux · BT30 – Ardoises · BT32 – Tuiles terre cuite · BT33 – Tuiles béton · BT34 – Couverture zinc · BT35 – Bardeaux bitumineux · BT38 – Plomberie · BT40 – Chauffage · BT41 – Climatisation · BT42 – Serrurerie · BT43 – Menuiserie aluminium · BT45 – Vitrerie · BT46 – Peinture · BT47 – Électricité · BT48 – Ascenseurs · BT49 – Bardage acier · BT50 – Rénovation-entretien · BT51 – Menuiseries PVC · BT52 – Imperméabilité façades · BT53 – Étanchéité · BT54 – Ossature bois · BT55 – Isolation thermique extérieure
Indices Ingénierie et Syntec
ING – Guide complet · ING – Évolution historique · ING – Application contractuelle · ING – Risques financiers · Syntec – Guide complet · Syntec – Définition
Indices spécialisés
TRBT – Transport bâtiment · TRTP – Transport TP · MABTGO – Matériel gros œuvre · MABTSO – Matériel second œuvre · MATP – Matériel TP · FD – Frais divers · FV – Fourniture végétaux · EV1 – Végétalisation · TSH – Signalisation horizontale · DRR01 – Dispositifs retenue (fourniture) · DRR02 – Dispositifs retenue (fourniture et pose)
Notions juridiques connexes
Mécanisme de révision de prix · Clause de revoyure · Théorie de l’imprévision · BT12 (supprimé) – Historique
À propos de l’auteur (Philippe COURTOIS)

Après une première partie de carrière dédiée au commerce et à la vente (Banque LCL, Unilever, groupe Seloger.com) je me suis spécialisé dès 2010 dans la réponse aux appels d’offres, d’abord au sein de grands groupes (Essity, Bureau Veritas, groupe Sonepar) puis en tant que Consultant Marchés Publics dans un cabinet de conseil, avant de participer enfin au lancement des marchés publics pour la Société du Grand Paris dans le cadre du plus grand projet d’infrastructure d’Europe (Grand Paris Express).
C’est fort de cette expertise concrète et issue du terrain que j’ai décidé en 2022 de lancer mon activité et d’accompagner les entreprises souhaitant augmenter leur part de marché sur le secteur public.
À propos d’AO Conquête
AO Conquête accompagne les PME souhaitant se positionner efficacement sur les marchés publics afin de gagner en croissance.
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