Les marchés de ponts métalliques, passerelles, charpentes industrielles ou ouvrages d’art en acier s’appuient en France sur l’indice TP13 « Charpentes et ouvrages d’art métalliques ». Cet indice INSEE de la base 2010 est l’instrument de référence pour réviser les prix des marchés à dominante métal lourd, qu’il s’agisse de tabliers de pont en acier soudé, de charpentes de halles industrielles ou de structures portuaires métalliques. Sa singularité tient à la part très élevée qu’occupent les tôles fortes et les poutrelles dans sa composition, signature directe d’un secteur où la matière première sidérurgique pèse plus que la main-d’œuvre dans la dynamique des coûts. Cet article détaille son champ d’application, sa composition, son utilisation contractuelle et les indices voisins avec lesquels il ne faut pas le confondre.
Qu’est-ce que l’index TP13 et que mesure-t-il ?
L’indice INSEE TP13 mesure mensuellement l’évolution des coûts de production des charpentes et ouvrages d’art métalliques. Il sert à réviser le prix des marchés portant sur la fabrication, l’assemblage et la pose de structures métalliques lourdes : ponts métalliques, passerelles, charpentes industrielles, ossatures de halles, structures portuaires et ouvrages d’art à dominante acier.
Le TP13 appartient à la famille des index de travaux publics publiés mensuellement par l’INSEE dans la nomenclature base 100 en 2010. Sa fonction première est de fournir aux acheteurs publics et aux entreprises titulaires une référence statistique pour indexer le prix des marchés métalliques tout au long de leur exécution. À la différence d’un indice généraliste comme le TP01 qui agrège l’ensemble des travaux publics, le TP13 reflète spécifiquement la dynamique des coûts d’un sous-secteur où l’acier brut représente le poste de loin le plus structurant.
Le périmètre couvert par le TP13 inclut la fabrication en atelier des éléments métalliques (poutrelles, tôles, profilés assemblés), leur transport jusqu’au chantier, leur assemblage par boulonnage ou soudage, leur protection anticorrosion par peinture, et l’ensemble des opérations de pose sur site. Sont concernés les ponts routiers et ferroviaires à tablier acier ou mixte acier-béton (avec une part métal dominante), les passerelles piétonnes métalliques, les charpentes industrielles de halles, d’usines, d’entrepôts logistiques, les ouvrages portuaires et fluviaux à structure acier (pontons, ducs-d’Albe, palplanches lourdes), ainsi que les structures de protection (écrans antibruit lourds, glissières de sécurité haute performance pour ouvrages spéciaux).
Cet indice ne couvre pas les ouvrages courants en béton précontraint (qui relèvent du TP07b ou du TP02), ni les fondations spéciales acier (palplanches légères et pieux relevant du TP04), ni les charpentes légères ou serrureries de bâtiment (qui basculent dans la nomenclature BT et non TP). Le caractère d’ouvrage d’art ou de charpente lourde, avec une dominante structurelle métallique évidente, est le critère de rattachement.
Pour les acheteurs publics, le TP13 sécurise la révision contractuelle d’un marché de pont métallique ou de charpente industrielle en s’appuyant sur une statistique nationale indépendante, robuste et publiée mensuellement par un opérateur de référence. Pour les entreprises titulaires, il fournit une protection contre la volatilité des prix de l’acier brut, particulièrement sensible dans un contexte international où le marché européen des tôles fortes connaît des cycles d’amplitude importante. Le TP13 est ainsi à la fois un instrument d’équilibre contractuel et un outil de pilotage de risque pour les acteurs des deux côtés du marché.
Comment se compose l’index TP13 ?
Le TP13 se distingue par une très forte composante tôles quarto en acier non allié, qui pèse à elle seule près du tiers de l’indice. Cette signature reflète directement le profil de coût des ouvrages d’art métalliques, où la matière première sidérurgique domine largement la main-d’œuvre. À cela s’ajoutent les poutrelles acier, le matériel TP, le génie civil, les peintures de protection, l’énergie et les frais divers.
La structure analytique officielle du TP13, telle que documentée par l’INSEE dans la composition détaillée des index TP base 2010, se décompose comme suit (pondérations exprimées en pour cent de l’indice) :
- Tôles quarto en acier non allié (31 %) : composante de loin la plus lourde, elle reflète le poids des grandes tôles d’épaisseur servant à la fabrication des âmes et semelles de poutres maîtresses, des tabliers orthotropes et des caissons de pont. C’est la signature qui distingue le TP13 de tous les autres indices TP.
- Poutrelles en acier non allié (2 %) : profilés laminés standard utilisés en charpente courante. Avec les tôles quarto, l’acier brut atteint donc 33 % cumulés, soit le tiers de l’indice.
- Matériel de travaux publics MATP (11 %) : engins de levage, grues mobiles, grues à tour, équipements d’assemblage, matériel de soudage et outillage de chantier.
- Génie civil et ouvrages d’art (47 %) : composante composite agrégeant la main-d’œuvre, les ouvrages connexes (massifs d’appui, culées, piles), les fournitures non spécifiées ailleurs et les frais de chantier liés au génie civil. C’est cette composante qui capte la mécanique salariale du secteur.
- Énergie : gazole non routier (1 %) et électricité (2 %) : carburants pour engins de levage et alimentation des postes de soudage et des ateliers.
- Peintures (2 %) : peintures anticorrosion de protection, primaire d’accrochage, finitions époxy ou polyuréthane appliquées en atelier ou sur site.
- Frais divers et services (S 1 % + T 3 %) : frais divers et transport TRTP des éléments métalliques préfabriqués vers le chantier.
Cette structure révèle un trait fondamental : le TP13 est gouverné à plus de 30 % par le cours de la tôle quarto, qui suit lui-même la dynamique mondiale du marché de l’acier (minerai de fer, coke, pratiques tarifaires des grands sidérurgistes européens). Toute hausse soutenue du prix des tôles fortes se répercute mécaniquement et de façon massive dans le TP13, ce qui n’est le cas d’aucun autre index TP. Pour les marchés signés en période de tension sur l’acier, cette caractéristique justifie une vigilance particulière des deux parties au CCAP.
L’INSEE ne publie pas systématiquement le détail de chaque pondération chiffrée dans ses fiches descriptives publiques accessibles depuis le portail des séries. La structure interne reste documentée dans le fichier officiel « Composition détaillée des index TP, base 100 en 2010 » publié par l’INSEE et accessible librement. Cette opacité partielle est volontaire : l’INSEE garantit la robustesse statistique de l’indice à partir de relevés de prix mensuels effectués auprès des fournisseurs et entreprises du secteur, mais ne détaille pas chaque pondération afin de préserver le secret des données fournisseurs et la confidentialité des sources de l’enquête statistique.
Le poids de la composante génie civil et ouvrages d’art à 47 % capte la part main-d’œuvre du secteur, à un niveau comparable à celui d’autres indices TP traditionnels. C’est la combinaison de cette composante salariale moyenne et de la composante acier dominante qui crée la signature spécifique du TP13. Une variation de 10 % du prix de la tôle quarto fait ainsi bouger l’indice de l’ordre de 3 points en valeur absolue, là où une variation comparable de la main-d’œuvre n’aurait qu’un impact de 4 à 5 points. Cette sensibilité structurelle est connue des entreprises spécialisées qui intègrent dans leur réponse à appel d’offres une stratégie d’achat acier coordonnée avec le calendrier de notification du marché, afin de figer le coût matière au moment le plus favorable.
Quand utiliser le TP13 dans un marché public ?
Le TP13 est l’indice de référence pour tout marché public à dominante structurelle métallique : ponts métalliques, passerelles, charpentes industrielles, halles métalliques, ouvrages portuaires acier. Pour les marchés à structure mixte acier-béton, une formule pondérée TP13 et TP02 ou TP07b reflète plus fidèlement la composition du chantier qu’un TP13 isolé.
Les configurations contractuelles relevant typiquement du TP13 sont les suivantes :
- Marché de pont métallique neuf : tablier acier soudé ou boulonné, caissons orthotropes, pont à poutres-treillis, viaduc métallique. Le TP13 couvre l’ensemble du processus, de la fabrication en atelier à la pose finale, et capte fidèlement la part acier dominante.
- Marché de passerelle piétonne ou cyclable métallique : structure tubulaire, treillis, arc, suspension. Pour ces ouvrages où la part acier reste très dominante même si la main-d’œuvre de pose représente un poids significatif, le TP13 fournit la référence appropriée.
- Marché de charpente industrielle : halles d’usine, entrepôts logistiques de grande portée, ateliers de production, hangars techniques. La structure métallique étant le poste principal, le TP13 s’impose comme indice de révision.
- Marché d’ouvrages portuaires métalliques : appontements à ducs-d’Albe acier, pontons flottants à structure métallique, palplanches lourdes pour quais lourds. Le TP13 capte la dynamique acier prédominante dans ces ouvrages, là où les ouvrages portuaires en béton armé relèveraient du TP07b.
- Marché de réhabilitation lourde d’ouvrage métallique existant : remplacement de tablier, renforcement de poutres maîtresses, requalification de charpente industrielle ancienne. La part fournitures acier neuves reste structurante et justifie le TP13.
- Marché à structure mixte acier-béton à dominante acier : pont mixte avec tablier acier et dalle béton collaborante. Si le métal représente la part majoritaire, le TP13 reste l’indice principal, éventuellement combiné en formule pondérée avec un indice béton.
Pour les marchés à structure réellement mixte (par exemple un ouvrage 50 % acier 50 % béton), une formule combinant TP13 et TP02 ou TP07b calibrée sur la décomposition réelle des coûts produit une révision plus équitable. La règle pratique est d’aligner les coefficients de pondération de la formule sur la décomposition du bordereau de prix unitaires, en distinguant clairement la fourniture et la pose des structures métalliques d’une part, et les ouvrages en béton d’autre part.
Pour les acheteurs publics, l’indication du TP13 dans le CCAP doit s’accompagner d’une analyse préalable de la maturité du programme. Sur un marché de pont métallique d’envergure, les phases d’études, de fabrication en atelier et de pose sur site s’étalent souvent sur plusieurs années. La part fabrication, exposée aux variations du cours des tôles, intervient généralement au cours de la deuxième année d’exécution, alors que la pose sur site mobilise la main-d’œuvre lors de la troisième année. Une rédaction soignée du CCAP peut prévoir, en complément de la formule de révision unique, des jalons de fixation de prix échelonnés (prix ferme actualisable jusqu’au déclenchement de la fabrication, puis bascule en prix révisable) afin d’aligner finement la mécanique d’indexation sur la chronologie réelle du chantier.
Pour les entreprises titulaires, la lecture du TP13 doit également intégrer une dimension de pilotage interne. Un suivi mensuel de la série permet d’anticiper les phases de tension et d’ajuster les approvisionnements stratégiques. Les chefs d’entreprise des PME spécialisées en construction métallique consultent régulièrement les bulletins INSEE pour caler leurs commandes acier en fonction des cycles observés sur les douze à dix-huit derniers mois, ce qui permet une optimisation conjointe du carnet de commandes et de la trésorerie.
Comment calculer une révision de prix avec le TP13 ?
La formule de révision avec le TP13 reprend la mécanique standard : P révisé = P initial × (TP13 actuel / TP13 référence). Pour un marché à composantes multiples, une formule pondérée intégrant TP13 et un autre indice (TP02, TP07b ou TP04 selon le profil de l’ouvrage) calibre la révision sur la part respective de chaque composante.
Pour un marché révisé au seul TP13, la formule s’écrit :
P révisé = P initial × (TP13 mois de révision / TP13 mois de référence)
À titre illustratif avec des chiffres ronds fictifs : un marché de pont métallique notifié au mois M0 avec un TP13 référence de 130,0, dont une partie est révisée au mois M14 avec un TP13 publié à 137,0, reçoit un coefficient de 137,0 / 130,0 = 1,0538, soit une révision à la hausse de 5,38 % du prix initial. Compte tenu du poids des tôles quarto dans l’indice, ce type de variation reste plausible dès qu’une période de tension forte sur l’acier intervient entre la signature et la révision.
Pour un marché de pont à structure mixte 70 % acier et 30 % génie civil béton, la formule pondérée s’écrit :
P révisé = P initial × [ 0,70 × (TP13 actuel / TP13 référence) + 0,30 × (TP02 actuel / TP02 référence) ]
Pour les valeurs en vigueur du TP13 et son numéro de série officiel à neuf chiffres, se référer aux publications mensuelles de l’INSEE consultables sur insee.fr.
Un détail technique que les équipes rédaction CCAP ratent régulièrement : le nombre de décimales retenu pour le coefficient de révision. Sur le TP13, où la part acier domine et où les écarts intermensuels peuvent paraître modestes en valeur absolue, la règle d’arrondi a un impact réel sur le résultat final. Une révision calculée à deux décimales après la virgule peut paraître favorable au titulaire, alors que le même calcul mené à quatre décimales bascule légèrement à l’avantage de l’acheteur, ou inversement, selon la position du dernier chiffre retenu. Le CCAP doit donc préciser explicitement le nombre de décimales du coefficient (généralement quatre) et la règle d’arrondi appliquée à la décimale finale (arrondi mathématique standard ou troncature). À défaut, un litige ou une contestation est toujours possible, et le calcul peut être contesté en commission ou auprès du juge administratif.
Comment distinguer le TP13 des autres indices d’ouvrages d’art ?
Le TP13 se distingue clairement de ses voisins par sa signature acier dominante. Le TP02 couvre le génie civil et les ouvrages d’art en béton, le TP07b traite des travaux maritimes mixtes acier-béton, le TP04 cible les fondations spéciales et les sondages. Le bon choix d’indice dépend de la nature structurelle dominante de l’ouvrage et de la part respective des matériaux.
Plusieurs indices voisins peuvent prêter à confusion lors de la rédaction d’un CCAP, et leur distinction repose sur des critères structurels précis :
- TP13 vs TP02 : Génie civil et ouvrages d’art : le TP02 couvre le génie civil neuf au sens large, avec une dominante béton (béton coulé en place, béton préfabriqué, ferraillage). Pour un pont en béton précontraint ou un ouvrage d’art classique en béton armé, c’est le TP02 qui s’applique. Le TP13 prend le relais dès que la structure principale bascule en acier (pont métallique, charpente industrielle).
- TP13 vs TP07b : Travaux maritimes : le TP07b couvre les travaux maritimes incluant à la fois acier et béton (quais lourds, jetées, ouvrages portuaires composites). La distinction est subtile : un ouvrage portuaire à structure acier dominante (palplanches lourdes, ducs-d’Albe métalliques) relève du TP13, alors qu’un quai en béton armé avec un parement d’enrochement ou une jetée à blocs préfabriqués relève du TP07b. La part acier dans la décomposition économique du bordereau est l’indicateur de bascule.
- TP13 vs TP04 : Fondations spéciales et sondages : le TP04 couvre les fondations profondes, les pieux forés, les parois moulées et les palplanches courantes pour fondations et soutènements. Pour un ouvrage métallique posé sur fondations courantes, le TP13 s’applique à la superstructure et le TP04 aux fondations, en formule pondérée si les deux postes sont significatifs. Les palplanches lourdes intégrées à la structure visible d’un quai relèvent en revanche du TP13 ou du TP07b selon le contexte.
- TP13 vs TP01 : Index général tous travaux : le TP01 est l’indice généraliste tous travaux publics. Pour un marché multi-techniques sans dominante acier claire, le TP01 peut être préféré. Mais pour un ouvrage à dominante structurelle métallique évidente, le TP13 est plus pertinent car il capte fidèlement la dynamique des tôles fortes, qui n’apparaît qu’en filigrane dans le TP01.
- TP13 vs indices BT métalliques (BT07, BT08) : les indices BT couvrent la serrurerie de bâtiment, les charpentes légères de couvertures, les ouvrages métalliques de second œuvre. Pour une charpente bâtiment classique d’un immeuble tertiaire ou d’une école, les indices BT s’imposent. Le TP13 reste réservé aux charpentes industrielles lourdes et aux ouvrages d’art au sens du génie civil.
La règle pratique : analyser le bordereau de prix unitaires, calculer la part respective des fournitures métalliques et des fournitures béton ou bois, et caler l’indice principal sur la composante dominante. En cas de doute structurel, une formule pondérée à deux indices reste la solution la plus défendable contractuellement, à condition d’être justifiée explicitement dans le CCAP.
Quels sont les évolutions et le cadre juridique applicables au TP13 ?
Le TP13 s’inscrit dans le cadre juridique général de la révision de prix des marchés publics, codifié à l’article R2112-13 du Code de la commande publique. Plusieurs évolutions structurelles récentes affectent indirectement sa dynamique : trajectoire haussière du gazole non routier, transition de l’IPC gazole vers la base 2025, tension persistante sur le marché européen de l’acier liée à la demande énergétique et à la concurrence asiatique.
Le cadre juridique encadrant l’utilisation du TP13 dans un marché public repose sur les principes suivants :
- Article R2112-13 du Code de la commande publique : ce texte impose aux marchés publics dont l’exécution s’étend dans le temps et exposés aux variations significatives de coûts d’inclure une clause de révision de prix. Pour les marchés de travaux publics à dominante métallique, l’utilisation du TP13 satisfait à cette obligation.
- Continuité de la série base 2010 : l’INSEE assure la continuité de la série du TP13 depuis sa création en base 2010. Aucune rupture méthodologique majeure n’est intervenue récemment, ce qui sécurise les CCAP signés sous différentes versions.
- Trajectoire haussière du gazole non routier : la suppression progressive de l’avantage fiscal sur le GNR, programmée depuis janvier 2024, affecte la composante énergie du TP13 de manière marginale (1 % de l’indice) mais suit une trajectoire structurelle haussière à intégrer dans les anticipations d’exécution.
- Changement de série de l’IPC gazole en décembre 2025 : l’indice des prix à la consommation du gazole, qui alimente partiellement la composante énergétique du TP13, a basculé de la base 2010 vers la base 2025. L’impact direct sur le TP13 est marginal mais un CCAP signé après cette transition gagne à mentionner explicitement la continuité de la référence.
- Contexte structurel du marché européen de l’acier : la composante tôles quarto, qui pèse 31 % du TP13, dépend directement des prix sidérurgiques européens. Les tensions structurelles liées à la transition énergétique des hauts-fourneaux, à la fluctuation du minerai de fer et à la concurrence des aciers asiatiques se traduisent par une volatilité accrue de cette composante. Pour les marchés longs (plusieurs années d’exécution), une clause de plafonnement ou un mécanisme de butoir peut être étudié, dans le respect de l’article R2112-13.
Aucune de ces évolutions ne remet en cause les CCAP antérieurs déjà signés. Elles invitent cependant les rédacteurs de marchés nouveaux à expliciter dans la clause de révision la formule retenue, le mois de référence, le nombre de décimales du coefficient et la règle d’arrondi, ainsi qu’à anticiper la volatilité structurelle de la composante acier dans les marchés pluriannuels d’ouvrages d’art métalliques. Une clause de revoyure peut également compléter le dispositif lorsque la durée d’exécution dépasse plusieurs années et que l’incertitude sur la trajectoire des prix de l’acier est forte.
Questions fréquentes sur l’index TP13
Le TP13 est réservé aux charpentes industrielles lourdes et aux ouvrages d’art métalliques au sens du génie civil. Pour les charpentes légères de bâtiment (immeubles tertiaires, écoles, logements), les indices BT (BT07, BT08) sont plus appropriés. La distinction repose sur la nature structurelle de l’ouvrage et son rattachement à la nomenclature TP plutôt que BT. Une halle industrielle de grande portée relève typiquement du TP13, alors qu’une charpente bois ou acier d’un bâtiment tertiaire courant relève des indices BT.
Le TP13 couvre les charpentes et ouvrages d’art métalliques avec une dominante acier marquée (31 % de l’indice en tôles quarto). Le TP02 couvre le génie civil et les ouvrages d’art au sens large, avec une dominante béton et ferraillage. Pour un pont en béton précontraint ou un ouvrage classique en béton armé, c’est le TP02 qui s’applique. Le TP13 prend le relais dès que la structure principale bascule en acier (pont métallique, viaduc à tablier acier, charpente industrielle lourde).
Pour un marché mixte, une formule pondérée combinant le TP13 et le TP02 ou le TP07b est plus équitable qu’un indice isolé. Les coefficients de pondération doivent être calibrés sur la décomposition réelle du bordereau de prix unitaires, en distinguant la fourniture et la pose des structures métalliques d’une part, et les ouvrages en béton d’autre part. La formule retenue doit être inscrite explicitement dans le CCAP avec les coefficients, les mois de référence et la règle d’arrondi.
La pondération de 31 % attribuée aux tôles quarto en acier non allié reflète directement la structure de coûts d’un ouvrage métallique d’art. Sur un pont à tablier acier soudé ou un caisson orthotrope, ce sont les grandes tôles d’épaisseur qui constituent la matière première dominante, devant les profilés et la main-d’œuvre. Cette signature distingue clairement le TP13 de tous les autres indices TP et explique sa sensibilité particulière aux variations du marché européen de l’acier.
La valeur mensuelle du TP13 est publiée par l’INSEE et consultable sur insee.fr dans la rubrique consacrée aux indices BT et TP. Elle figure dans les Informations Rapides mensuelles « Index Bâtiment, Travaux publics et divers de la construction », ainsi que sur la page dédiée à la série du TP13, identifiée par un numéro officiel à neuf chiffres. La FNTP publie également un baromètre synthétique des indices BT et TP qui peut servir de référence complémentaire.
L’astuce du pro 💡
Le réflexe AO Conquête. Le TP13 (charpentes métalliques, travaux publics) a été renommé TP13a lors de la refonte INSEE de janvier 2024. Le changement ne porte pas seulement sur le nom : la composition de l’indice a été ajustée, et un coefficient de raccordement est nécessaire pour comparer les valeurs avant et après la refonte.
En pratique, ça signifie qu’une entreprise qui exécute un marché signé avant 2024 avec un CCAP mentionnant le TP13 ne peut pas simplement utiliser la dernière valeur publiée sous le code TP13a. Il faut appliquer le coefficient de raccordement fourni par l’INSEE pour que les deux séries soient comparables.
Notre réflexe sur les marchés en cours au moment d’une refonte INSEE : vérifier si l’indice du CCAP a changé de nom ou de base. Si c’est le cas, envoyer un courrier à l’acheteur pour formaliser la transition : « L’index TP13 mentionné au CCAP est désormais publié sous le code TP13a. Le coefficient de raccordement INSEE est de X. Nous proposons d’appliquer ce coefficient pour la suite du marché. » L’acheteur valide, et la révision continue sans rupture.
Spécialiste appels d’offres pour les PME
Pour aller plus loin sur les indices INSEE BTP
Pour le contexte général des indices INSEE de révision de prix utilisés en marché public, consulter notre guide complet des indices INSEE BTP. Pour la mécanique de révision de prix : le mécanisme de révision de prix, la clause de revoyure, la théorie de l’imprévision.
Indices TP connexes au TP13 : TP01 Index général tous travaux, TP02 Génie civil et ouvrages d’art, TP04 Fondations spéciales et sondages, TP07b Travaux maritimes, TP14 Travaux immergés par scaphandriers. Indices BT du bâtiment : BT01 Tous corps d’état, BT50 Rénovation-entretien.
Sources officielles : INSEE Informations Rapides : Index BT, TP et divers de la construction ; INSEE : Composition détaillée des index TP base 2010 ; FNTP : Baromètre indices et index.
À propos de l’auteur (Philippe COURTOIS)

Après une première partie de carrière dédiée au commerce et à la vente (Banque LCL, Unilever, groupe Seloger.com) je me suis spécialisé dès 2010 dans la réponse aux appels d’offres, d’abord au sein de grands groupes (Essity, Bureau Veritas, groupe Sonepar) puis en tant que Consultant Marchés Publics dans un cabinet de conseil, avant de participer enfin au lancement des marchés publics pour la Société du Grand Paris dans le cadre du plus grand projet d’infrastructure d’Europe (Grand Paris Express).
C’est fort de cette expertise concrète et issue du terrain que j’ai décidé en 2022 de lancer mon activité et d’accompagner les entreprises souhaitant augmenter leur part de marché sur le secteur public.
À propos d’AO Conquête
AO Conquête accompagne les PME souhaitant se positionner efficacement sur les marchés publics afin de gagner en croissance.
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