Une PME qui veut vendre au secteur public via une centrale d’achat ne « s’inscrit » pas. Elle répond à un appel d’offres, comme pour n’importe quel marché public, et si elle est retenue, elle devient titulaire d’un accord-cadre de quatre ans. Le parcours est balisé, les délais sont rigides, et chaque centrale a ses propres formulaires et ses propres exigences. Cet article détaille le chemin étape par étape, avec les pièges concrets qui éliminent la majorité des candidats dès le premier filtre.
Pour le contexte général (ce qu’est une centrale, pourquoi un acheteur public achète via elle, panorama des cinq grandes structures françaises), reportez-vous au panorama des centrales d’achat public pour fournisseurs PME. Ici, on entre dans le « comment ».
Bloc preuve : un cas concret de candidature UGAP aboutie
Le courrier d’attribution UGAP n°23U052 obtenu par Dronotec en rang 1 sur le segment satellites et aéronefs illustre un parcours de référencement abouti : DCE complet, formulaires UGAP propres, mémoire technique calé sur la grille de notation, questionnaires obligatoires et bordereau de prix calibré sur quatre ans.

Le courrier ci-dessus est l’attribution de l’accord-cadre UGAP n°23U052 (segment satellites et aéronefs, lot 9) à Dronotec, PME industrielle française du drone, en rang 1. Cette attribution est la sortie d’un parcours de candidature UGAP de bout en bout, conduit avec l’accompagnement d’AO Conquête sur la partie rédaction du mémoire technique et orchestration du dossier.
Ce que ce dossier a mobilisé concrètement :
- lecture intégrale du DCE UGAP (CCAP, CCTP, RC, BPU, formulaires UGAP) et identification des critères pesants ;
- constitution du dossier avec les formulaires UGAP propres (Lettre de candidature, Déclaration du candidat), pas le DC1/DC2/DUME standard ;
- mémoire technique calé sur la grille de notation UGAP (qualité opérationnelle, robustesse logistique, capacité de production, RSE) ;
- réponses aux questionnaires obligatoires (RGPD, qualité de service, RSE) ;
- bordereau de prix unitaire (BPU) calibré sur la durée de l’accord-cadre ;
- dépôt dans les délais, signature électronique uniquement post-attribution sur l’acte d’engagement.
Le délai entre la prise de connaissance de l’avis et la notification d’attribution s’est étalé sur environ quatre à six mois, ordre de grandeur typique d’une procédure UGAP grossiste. Le rang 1 obtenu signifie que Dronotec est consulté en priorité sur les commandes des clients UGAP relevant du segment. La preuve documentaire complète est détaillée dans l’étude de cas du marché UGAP drones Dronotec.
TL;DR du parcours en six étapes
Le référencement d’une PME dans une centrale d’achat public suit six étapes : veille des consultations, constitution du dossier de candidature, rédaction du mémoire technique, réponse aux questionnaires obligatoires, dépôt et soutenance, activation commerciale après notification. Le parcours dure trois à neuf mois entre l’avis de marché et la mise au catalogue.
- Veiller les consultations publiées par les centrales sur leurs portails dédiés (UGAP), sur PLACE (UniHA notamment), sur BOAMP, sur les espaces fournisseurs Resah ou CAIH.
- Constituer le dossier de candidature avec les formulaires propres à la centrale (UGAP : Lettre de candidature et Déclaration du candidat ; Resah, UniHA, CAIH, Cap Territoires : DC1/DC2/DUME standard ou variantes).
- Rédiger le mémoire technique calé sur la grille de notation publiée dans le règlement de consultation, avec adaptation au profil d’acheteur dominant (santé hospitalière, État, collectivités territoriales).
- Répondre aux questionnaires obligatoires (RGPD, qualité de service, RSE), souvent éliminatoires aux notes plancher.
- Déposer dans les délais via la plateforme indiquée, et le cas échéant soutenir le dossier en oral.
- Activer le marché après notification : ordre de service, mise au catalogue, exploitation commerciale.
Le parcours dure typiquement entre trois et neuf mois entre l’avis de marché et la mise au catalogue active, selon la complexité et la centrale. Comptez ensuite entre quelques semaines et quelques mois supplémentaires pour générer les premières commandes réelles.
Étape 1 : la veille des consultations centrales
Une PME qui ne fait pas de veille active passe à côté de 80 % des opportunités. UGAP publie sur ugap.fr et BOAMP, Resah sur son espace fournisseur, UniHA sur PLACE, CAIH sur caih-sante.org, Cap Territoires sur cap-territoires.fr. La veille minimale viable couvre trois canaux : portail dédié, BOAMP filtré CPV, PLACE.
Une PME qui ne fait pas de veille active passe à côté de 80 % des opportunités. Les centrales publient leurs consultations à des cadences différentes, sur des canaux différents, avec des formats d’avis différents. Mauvaise veille, mauvais positionnement.
UGAP publie sur son site ugap.fr (rubrique Devenir fournisseur) et duplique sur BOAMP pour les avis européens. Beaucoup de PME découvrent une consultation UGAP trois jours avant la clôture, faute d’alerte. Au-delà de quinze jours avant clôture, aboutir à un mémoire sérieux est très difficile.
Resah publie sur son espace fournisseur avec compte gratuit. UniHA utilise majoritairement PLACE, avec annonces croisées sur BOAMP. L’espace fournisseurs UniHA liste aussi les Systèmes d’Acquisition Dynamique (SAD), particularité UniHA qui permet d’intégrer un panel en cours de contrat. CAIH publie sur caih-sante.org, avec un panel restreint (75 titulaires sur 35 marchés actifs en 2025) : sélection sévère en amont (capacité à supporter 2 000+ adhérents hospitaliers, préqualification IT). Cap Territoires publie ses consultations régionales sur cap-territoires.fr.
La veille minimale viable d’une PME multi-secteur couvre trois canaux : (a) le portail dédié de la centrale ciblée, (b) BOAMP filtré par CPV, (c) PLACE pour les centrales qui y publient.
Capsule pratique : Pour identifier la centrale à cibler en priorité, partez de votre clientèle dominante. Vous vendez à des hôpitaux ? Les centrales santé (UniHA, Resah, CAIH) sont vos cibles naturelles. À des collectivités ? Cap Territoires, Approlys et l’UGAP. À l’État et aux opérateurs publics ? L’UGAP est le canal massif. Le panorama détaillé des cinq centrales précise les volumes et les profils acheteurs.
Étape 2 : la constitution du dossier de candidature
Deux familles de dossier coexistent : les formulaires propres UGAP (Lettre de candidature, Déclaration du candidat, formulaire de sous-traitance UGAP) et les formulaires standards de la commande publique (DC1, DC2, DC4, DUME) utilisés par Resah, UniHA, CAIH et Cap Territoires. La signature électronique eIDAS qualifiée n’intervient qu’après attribution.
C’est l’étape où la majorité des PME s’auto-éliminent par méconnaissance des formulaires. Il existe deux familles de dossier : les formulaires propres à la centrale (cas UGAP) et les formulaires standards de la commande publique (cas des autres centrales).
Les formulaires propres UGAP
L’UGAP utilise ses propres formulaires, fournis directement dans le DCE de chaque consultation. Ne les confondez pas avec les DC1/DC2/DC4 ou le DUME.
| Formulaire UGAP officiel | Équivalent standard |
|---|---|
| Lettre de candidature et habilitation du mandataire par ses cotraitants | DC1 |
| Déclaration du candidat (une par entité cotraitante ou sous-traitante) | DC2 |
| Formulaire UGAP de sous-traitance | DC4 |
| (aucun) | DUME non applicable |
Source factuelle : accord-cadre UGAP n°23U052 (Dronotec drones), formulaires fournis au DCE avec en-tête UGAP, numéro de procédure et logo. Une PME qui prépare un DC1/DC2 standard pour une candidature UGAP livre un dossier non-conforme. La checklist du dossier UGAP reprend la liste exhaustive des pièces et leur ordre d’intégration.
Les formulaires standards des autres centrales
Resah, UniHA, CAIH, Cap Territoires utilisent les formulaires standards du Code de la commande publique :
- DC1 (lettre de candidature et habilitation du mandataire) ;
- DC2 (déclaration du candidat individuel ou cotraitant) ;
- DC4 (déclaration de sous-traitance, si applicable) ;
- DUME (Document Unique de Marché Européen) accepté en lieu et place des DC1/DC2 sur les marchés au-dessus du seuil européen.
Vérifiez systématiquement le règlement de consultation (RC) de la centrale : il indique la version exacte des formulaires acceptés et les éventuelles annexes spécifiques (attestations sociales, fiscales, certificats sectoriels).
Les pièces administratives systématiques
Quelle que soit la centrale, vous devrez fournir : Kbis ou inscription au registre du commerce de moins de trois mois, attestations URSSAF et fiscales à jour, attestation d’assurance responsabilité civile professionnelle couvrant l’objet du marché, références clients vérifiables sur les trois dernières années, bilans comptables sur les trois derniers exercices.
Point juridique critique : depuis l’ordonnance 2018 et le décret 2018-1075, l’article R2144-2 du Code de la commande publique précise que l’acheteur peut demander aux candidats de compléter leur dossier dans un délai approprié. C’est une faculté, pas une obligation. Ne comptez pas dessus comme filet de sécurité : un dossier complet et propre dès le dépôt reste la règle.
Signature électronique : aucune signature électronique n’est exigée au moment de la candidature, ni sur les formulaires UGAP ni sur les DC1/DC2 standards. La signature eIDAS qualifiée n’intervient qu’après attribution, par l’attributaire retenu, sur l’acte d’engagement. Éviter le piège classique d’acheter un certificat eIDAS en anticipation et de croire qu’il faut signer au dépôt. Inutile et source d’erreurs.
Capsule pratique : Une candidature centrale réussie commence trois semaines avant le dépôt, pas trois jours. Le temps de remettre à jour les attestations URSSAF et fiscales (délai administratif), de rassembler les bilans comptables certifiés, de vérifier les attestations d’assurance, ce sont 10 à 15 jours ouvrés. Quand vous voyez l’avis de marché, le décompte est lancé.
Étape 3 : la rédaction du mémoire technique
Le mémoire technique est noté selon une grille publiée dans le règlement de consultation : qualité technique 50-60 %, prix 20-40 %, RSE 5-15 %. Le profil d’acheteur dominant change l’angle d’écriture : UGAP généraliste, Resah/UniHA/CAIH sectorielles santé, Cap Territoires régionale. Un mémoire copie-colle multi-centrales obtient des rangs faibles.
Le mémoire technique est le document qui fait la différence. Le dossier de candidature est binaire (conforme ou non) ; le mémoire est noté, et c’est sur la note du mémoire que se joue le rang d’attribution.
Lire la grille de notation avant d’écrire
Avant de rédiger une ligne, lisez le règlement de consultation (RC) et identifiez la grille de notation. Les critères standards sont : qualité technique de l’offre (souvent 50 à 60 % de la note), prix (20 à 40 %), RSE (5 à 15 %), délais et logistique (variable). La grille publiée dans le RC vous dit où mettre votre énergie : si la qualité technique pèse 60 %, le mémoire détaille caractéristiques, processus, contrôles, références ; si la RSE pèse 5 %, ne la sur-investissez pas au détriment du volet technique.
Adapter au profil d’acheteur dominant
Le profil d’acheteur dominant change l’angle d’écriture :
- UGAP est généraliste : ses clients sont les collectivités territoriales (35 % du CA grossiste 2024), les ministères (28 %), les établissements publics d’État (16 %), la santé (14 %), les caisses et entreprises (7 %). Le mémoire doit montrer robustesse logistique multi-territoires, capacité à livrer en métropole et ultramarin, capacité à supporter des volumes massifs.
- Resah, UniHA, CAIH sont sectorielles santé : le mémoire doit montrer la maîtrise du contexte hospitalier (régime des établissements publics de santé, gouvernance GHT, contraintes de marché public sanitaire). Une PME qui n’a jamais vendu en hôpital remonte des références comparables (cliniques privées, EHPAD, médico-social) ou se positionne sur des lots accessibles aux entrants.
- Cap Territoires est régionale, orientée collectivités : le mémoire doit montrer un ancrage territorial cohérent avec les régions adhérentes (Île-de-France, Hauts-de-France, Normandie, Grand Est).
Le mémoire UGAP rang 1, exemple
L’objectif sur un accord-cadre multi-attributaires est généralement le rang 1, position d’attribution prioritaire qui capte la majorité des flux. Un mémoire calibré rang 1 traite quatre axes en profondeur : qualité opérationnelle (process, contrôles, certifications), robustesse logistique (multi-sites, délais garantis, urgences), capacité de production et montée en charge (preuves chiffrées), RSE et conformité. Méthodologie complète : guide du mémoire technique UGAP rang 1.
Capsule pratique : Une PME qui répond à UGAP, Resah et UniHA avec le même mémoire copie-colle obtient des rangs faibles ou des rejets. Chaque centrale a son angle, son profil acheteur, ses pièges.
Étape 4 : les questionnaires obligatoires
Trois questionnaires structurent les candidatures centrales : RGPD (DPO, cartographie traitements, sous-traitants, transferts hors UE), qualité de service (SAV, taux de service, indicateurs chiffrés), RSE (politique formalisée, indicateurs ESG, achats responsables). Souvent éliminatoires aux notes plancher, ces trames UGAP ont essaimé chez Resah, UniHA et opérateurs publics.
À côté du mémoire technique, plusieurs centrales imposent des questionnaires obligatoires, souvent notés en éliminatoire. L’UGAP est la centrale qui a développé la trame la plus structurée, ensuite reprise par d’autres acheteurs publics.
Questionnaire RGPD : conformité au Règlement Général sur la Protection des Données. Questions sur DPO, cartographie des traitements, bases légales, mesures de sécurité, sous-traitants, transferts hors UE, notification d’incident. Une PME qui n’a jamais formalisé son RGPD y consacre plusieurs jours amont. Méthodologie : guide du questionnaire RGPD UGAP.
Questionnaire qualité de service : engagements SAV (délais de réponse aux réclamations, taux de service, gestion des litiges, indicateurs de performance, amélioration continue). Une PME affiche des indicateurs chiffrés, pas des intentions. Détail : guide du questionnaire qualité de service UGAP.
Questionnaire RSE : maturité Responsabilité Sociétale (politique RSE formalisée, indicateurs ESG, achats responsables, performance environnementale, indicateurs sociaux, gouvernance, ancrage territorial). L’UGAP intègre des dispositions environnementales dans 99,8 % de ses marchés et des dispositions sociales dans 69,6 %. Détail : guide du questionnaire RSE UGAP.
Capsule pratique : Les trames de questionnaires UGAP ont essaimé. Resah, UniHA et même certains AO classiques d’opérateurs publics utilisent des versions inspirées ou copiées. Travailler ces questionnaires une fois proprement, c’est se constituer une base réutilisable pour 5 à 10 dossiers à venir.
Étape 5 : dépôt, soutenance, standstill
Le dépôt s’effectue sur la plateforme du RC (ugap.fr, PLACE, espace-fournisseur.resah.fr), sans signature électronique au dépôt. Suit l’examen des candidatures, l’analyse des offres, une éventuelle soutenance orale, la notification de classement, un standstill de 11 à 16 jours avant signature et notification officielle. Aucun feedback informel pendant cette phase.
Le dépôt se fait sur la plateforme indiquée dans le RC : ugap.fr pour UGAP, PLACE pour UniHA et certains lots croisés, espace-fournisseur.resah.fr pour Resah. Chaque plateforme a ses contraintes (taille de fichier, formats, navigateur). Tester la procédure de dépôt en avance, pas le dernier jour à 17h59. La signature eIDAS qualifiée est exigée uniquement post-attribution, sur l’acte d’engagement, par l’attributaire retenu : au dépôt, aucune signature requise.
Une fois le dépôt effectué, la centrale enchaîne : (1) examen des candidatures (complétude administrative, capacités techniques et financières ; non-conformes écartés ; R2144-2 reste une faculté, pas une obligation), (2) analyse des offres (notation mémoire + prix + questionnaires selon la grille RC), (3) soutenance orale le cas échéant sur les accords-cadres complexes pour les mieux classés à l’écrit, (4) notification de classement provisoire, (5) délai standstill de 11 jours minimum (16 jours en dématérialisé) avant signature, pour permettre les recours, (6) signature et notification d’attribution officielle.
Pendant cette phase, ne demandez pas de feedback informel : tout passe par les canaux écrits formels (motivation du rejet, recours gracieux, référé précontractuel). Une PME qui appelle le pôle achats pour « comprendre pourquoi elle n’a pas eu rang 1 » se grille pour les consultations à venir.
Étape 6 : notification, ordre de service, activation commerciale
L’attribution n’est pas la vente. Le rang d’attribution conditionne le flux de commandes : sur un accord-cadre multi-attributaires UGAP, le rang 1 capte la majorité des flux, les rangs faibles peuvent vivre tout le marché sans une seule commande. La mise au catalogue UGAP grossiste, la communication commerciale et la formation des équipes conditionnent la transformation effective.
L’attribution n’est pas la vente. Une fois l’accord-cadre notifié, il faut encore activer le marché pour générer du chiffre d’affaires. Cette étape est sous-estimée : beaucoup de PME pensent qu’être attributaire suffit, et découvrent six mois plus tard qu’elles n’ont eu aucune commande.
Le rang d’attribution conditionne le flux
Sur un accord-cadre multi-attributaires UGAP, le rang détermine la priorité de consultation. Le titulaire de rang 1 est consulté en priorité par les clients UGAP du segment ; les rangs 2, 3, 4 sont activés en cas de défaillance, d’indisponibilité ou de saturation du rang 1. Concrètement, le rang 1 capte la majorité des flux ; les rangs faibles peuvent vivre l’intégralité du marché sans une seule commande. Détail : comprendre l’accord-cadre UGAP et le système de rang.
La mise au catalogue et l’exploitation commerciale
Sur l’UGAP grossiste, être attributaire signifie que vos produits sont intégrés au catalogue UGAP, accessibles aux 21 000 clients via ugap.fr. La mise au catalogue est une étape technique : fiches produits, prix, délais, photos, descriptifs. Si cette étape traîne, votre référencement est dormant : techniquement attributaire, commercialement absent.
Sur les centrales intermédiaires (Resah, UniHA, CAIH), être attributaire signifie que les adhérents peuvent activer un marché subséquent avec vous. Mais ce sont vos commerciaux qui doivent aller chercher ces marchés subséquents, établissement par établissement. La centrale ouvre la porte ; vous démarchez derrière.
Une PME qui veut transformer son référencement en chiffre d’affaires doit alors : communiquer auprès des acheteurs publics du segment (LinkedIn, mailings, événements), former ses commerciaux à la mécanique de l’accord-cadre (prix bloqués, révisions, périmètre), monitorer les commandes effectives et activer un dialogue avec la centrale si le flux est anormalement bas, préparer les renouvellements bien avant l’échéance des quatre ans avec un retour d’expérience documenté.
Côté UGAP, le programme Croissance PME structure un accompagnement dédié (mentorat, expertise, segments dédiés). Détail : guide du programme Croissance PME UGAP.
Capsule pratique : Sur le bordereau de prix unitaire, l’erreur fréquente est de proposer des prix très bas pour décrocher le rang 1, sans penser que ces prix s’appliqueront pendant quatre ans avec des clauses de révision parfois plafonnées. Une PME qui se fait piquer la marge sur la durée perd plus qu’elle ne gagne par le volume. Méthodologie : bordereau de prix unitaire UGAP.
Pièges récurrents qui éliminent la majorité des PME
Six pièges récurrents éliminent la majorité des PME en candidature centrale : confondre formulaires UGAP et DC1/DC2 standards, découvrir l’avis trop tard, sous-estimer les questionnaires obligatoires, rédiger un mémoire générique multi-centrales, construire un BPU agressif sans projection sur quatre ans, ne pas activer le marché après attribution.
Après avoir vu passer plusieurs dizaines de candidatures centrales coachées ou auditées, six pièges reviennent en boucle.
1. Confondre les formulaires propres UGAP et les DC1/DC2 standards. Une PME qui prépare un DC1 générique pour une candidature UGAP livre un dossier non conforme. Si les formulaires UGAP sont dans le DCE, c’est ceux-là qu’il faut remplir.
2. Découvrir l’avis dix jours avant clôture. Sans veille active, vous découvrez les opportunités trop tard pour un mémoire sérieux. Les meilleurs mémoires se préparent sur trois à quatre semaines, pas un week-end.
3. Sous-estimer les questionnaires obligatoires. RGPD, qualité de service, RSE sont notés en éliminatoire. Une note plancher ratée écarte l’offre, même avec un mémoire excellent. Beaucoup de PME les remplissent en une demi-journée en fin de dossier et perdent leurs points là.
4. Rédiger un mémoire générique multi-centrales. Le profil d’acheteur change d’une centrale à l’autre. Adapter, pas copier.
5. Construire un BPU agressif sans projection sur quatre ans. Décrocher le rang 1 à prix bradés peut signifier perdre de la marge pendant toute la durée, avec des clauses de révision plafonnées qui ne suivent pas l’inflation. Le BPU est un exercice de marge sur la durée, pas un prix flash.
6. Ne pas activer le marché après l’attribution. Être attributaire sans communiquer auprès des acheteurs, sans mettre les fiches au catalogue, sans former ses commerciaux à l’accord-cadre, c’est un référencement dormant.
Pour une checklist anti-pièges en amont du dépôt, reportez-vous à la checklist du dossier UGAP.
FAQ procédurale
Questions fréquentes sur le référencement centrale d’achat public PME : durée totale du parcours (3 à 9 mois + mise au catalogue), candidature multi-lots, charge interne (15-25 jours-homme première candidature, 8-12 ensuite), pertinence d’un cabinet conseil, position d’AO Conquête vis-à-vis de l’UGAP, recours possibles en cas de rejet, comparaison UGAP vs Resah.
Combien de temps prend un référencement complet ?
Comptez trois à neuf mois entre la publication de l’avis de marché et la notification d’attribution, selon la complexité et la centrale. Ajoutez quelques semaines à quelques mois pour la mise au catalogue et les premières commandes. Sur l’UGAP grossiste, le total cumulé peut atteindre dix à douze mois entre l’avis de marché et le premier euro encaissé.
Une PME peut-elle candidater à plusieurs lots d’une même consultation ?
Oui, sauf clause d’exclusivité dans le RC. Les centrales découpent souvent leurs accords-cadres en lots (par segment produit, par zone géographique). Le RC précise toujours si certains lots sont incompatibles entre eux.
Combien coûte une candidature centrale en temps interne ?
Pour une PME qui répond pour la première fois, comptez 15 à 25 jours-homme répartis sur trois à quatre semaines : lecture du DCE, dossier, mémoire, questionnaires, contrôle qualité, dépôt. Une PME qui industrialise sa réponse sur plusieurs accords-cadres descend à 8 à 12 jours-homme par dossier sur les suivants.
Un cabinet conseil est-il indispensable ?
Non. Une PME bien outillée, avec une connaissance du secteur public et un mémoire propre, peut répondre seule. L’intérêt d’un cabinet se situe sur trois axes : (a) lecture experte du DCE et de la grille de notation, (b) mémoire calibré par historique de dossiers comparables, (c) sparring sur BPU et stratégie de rang. Sur des accords-cadres à fort enjeu, l’externalisation paie souvent ; sur des consultations modestes ou régionales, le travail interne suffit.
AO Conquête est-il accompagnateur officiel de l’UGAP ?
Non. AO Conquête n’est pas accompagnateur officiel UGAP au sens d’un partenariat institutionnel. L’expérience UGAP du cabinet vient de délégations clientes (notamment Dronotec, attribuée rang 1 sur l’accord-cadre satellites et aéronefs n°23U052). Le programme officiel d’accompagnement PME côté UGAP est le programme Croissance PME UGAP, porté directement par l’EPIC.
Que faire si la PME est rejetée ?
Trois actions, dans l’ordre : (a) demander la motivation écrite du rejet auprès de l’acheteur, (b) analyser la motivation pour identifier les axes d’amélioration sur les prochains dossiers, (c) si motif jugé irrégulier, évaluer un référé précontractuel ou contractuel dans les délais courts. Une PME sérieuse construit un retour d’expérience par rejet et réinvestit la matière sur la consultation suivante.
Comment comparer UGAP et Resah pour choisir sa cible prioritaire ?
Le choix dépend du profil de votre clientèle dominante. UGAP est généraliste, multi-secteur, ancrage collectivités + État. Resah est sectorielle santé. Comparaisons détaillées : UGAP vs Resah pour fournisseurs PME et UGAP vs UniHA pour fournisseurs PME.
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Pour le cadre général (panorama des cinq grandes centrales, mécanique acheteur, critères de choix entre centrales), reportez-vous au panorama des centrales d’achat public pour fournisseurs PME. Pour entrer dans le détail UGAP, le guide complet UGAP couvre l’historique, les chiffres officiels, les segments d’achat et les particularités procédurales de l’EPIC.
À propos de l’auteur (Philippe COURTOIS)

Après une première partie de carrière dédiée au commerce et à la vente (Banque LCL, Unilever, groupe Seloger.com) je me suis spécialisé dès 2010 dans la réponse aux appels d’offres, d’abord au sein de grands groupes (Essity, Bureau Veritas, groupe Sonepar) puis en tant que Consultant Marchés Publics dans un cabinet de conseil, avant de participer enfin au lancement des marchés publics pour la Société du Grand Paris dans le cadre du plus grand projet d’infrastructure d’Europe (Grand Paris Express).
C’est fort de cette expertise concrète et issue du terrain que j’ai décidé en 2022 de lancer mon activité et d’accompagner les entreprises souhaitant augmenter leur part de marché sur le secteur public.
À propos d’AO Conquête
AO Conquête accompagne les PME souhaitant se positionner efficacement sur les marchés publics afin de gagner en croissance.
Détection des appels d’offres, analyse du dossier de consultation, construction du dossier de réponse, rédaction ou refonte de votre mémoire technique : quel que soit votre secteur d’activité, c’est toute une gamme de solutions clé-en-main que nous proposons pour accompagner votre développement commercial.

