Index INSEE MABTGO : à quoi sert-il et comment l’utiliser ?

L’index INSEE MABTGO est un indice de coûts du bâtiment qui reflète l’évolution des prix du matériel pour le gros-œuvre. Il sert à ajuster les prix des marchés de travaux pour préserver l’équité contractuelle en cas de variation des coûts de production.

Découvrez comment l’utiliser concrètement : où trouver la valeur officielle, comment l’appliquer dans une formule de révision de prix et quelles précautions prendre pour l’intégrer dans les pièces d’un marché public. Ce parcours pratique permet de sécuriser les marges et d’éviter les litiges liés aux fluctuations des prix.

Points Clés

  • L’index MABTGO permet d’actualiser les prix en fonction de l’évolution du matériel gros-œuvre.
  • On applique l’indice via une formule de révision pour ajuster les montants contractuels.
  • Vérifier la base et les limites méthodologiques évite les erreurs d’application.

Qu’est-ce que l’index INSEE MABTGO ?

L’index mesure l’évolution des coûts liés au poste matériel pour le gros‑œuvre dans le bâtiment. Il sert d’indicateur pratique pour réviser les prix des marchés et contrats où le matériel représente une part significative des coûts.

Définition de l’index INSEE MABTGO

L’index INSEE MABTGO (poste Matériel Bâtiment Gros‑Œuvre) reflète l’évolution des prix des matériels et équipements utilisés dans les opérations de gros‑œuvre.
Il appartient à la famille des indices du bâtiment publiés par l’INSEE, au même titre que l’Indice BT01 qui représente le coût de production global du bâtiment.

Les valeurs sont publiées mensuellement avec un décalage de quelques mois et servent de base pour les clauses de révision ou d’actualisation des prix.
Les professionnels l’utilisent pour ajuster des contrats lorsque le poste matériel doit être isolé des autres composantes (main‑d’œuvre, fournitures, etc.).

Composition et structure de l’indice (poste matériel gros‑œuvre)

La composition de l’index MABTGO combine plusieurs sous‑composantes matérielles : location et achat d’engins, pièces détachées, consommables spécifiques et frais d’entretien des matériels.
Chaque sous‑composante pèse selon une pondération définie par l’INSEE, mise à jour périodiquement pour refléter la structure réelle des coûts.

Les évolutions de prix retenues proviennent d’enquêtes sectorielles, factures et indices prix relatifs (par ex. carburant, acier).
L’index est exprimé en base 2010 (ou autre base selon publication) et s’intègre dans les formules de révision des prix où l’on peut isoler le « poste matériel » du reste des coûts.

Différence entre indices BT, TP et index globaux INSEE

Les indices BT (bâtiment) — dont BT01, BT02, BT03, BT09, BT11, BT45, BT46, BT53, BT54 — couvrent des périmètres différents : BT01 est global et couvre toutes activités du bâtiment, les autres sont sectoriels ou par poste.
L’index MABTGO est un index posté (poste matériel) spécifique au gros‑œuvre, tandis que les indices BT peuvent être des indices coût de production ou indices regroupant main‑d’œuvre et matériaux.

Les indices TP (travaux publics) suivent une logique comparable mais sur des activités et pondérations adaptées aux travaux publics.
Les index globaux INSEE (ex. indices coût de production) servent souvent de référence générale ; les index postés comme MABTGO permettent, eux, d’extraire et d’ajuster une composante précise dans les mécanismes contractuels.

À quoi sert l’index MABTGO dans le secteur du bâtiment ?

Des professionnels de la construction discutant autour de plans et de tablettes numériques sur un chantier en activité.

L’index MABTGO sert à mesurer et suivre les variations de coûts liées au matériel et aux postes gros‑œuvre. Il permet d’ajuster les prix contractuels, de piloter les budgets chantier et d’isoler l’évolution des fournitures, de la main‑d’œuvre et des charges liées au matériel.

Suivi de l’évolution des coûts de production en gros-œuvre

L’index capture l’évolution des coûts de production spécifiquement pour le gros‑œuvre, en intégrant fournitures, location d’équipements et main‑d’œuvre. Il sert de repère chiffré pour comparer les coûts mois après mois ou année après année.

Les responsables travaux utilisent cet indice pour détecter des dérives de coûts : hausse des prix des matériaux (acier, ciment), augmentation des salaires et charges sociales, ou renchérissement des frais de location de matériel.
Il facilite le suivi des coûts de construction par poste, ce qui aide à recalculer les prévisions budgétaires et à justifier des demandes de révision tarifaire auprès des maîtres d’ouvrage.

Prise en compte des matériaux, équipements et frais liés au matériel

L’index MABTGO intègre les coûts des matériaux (béton, acier, granulats), les équipements (engins, coffrages) et les frais divers associés au matériel (transport, maintenance).
Il reflète aussi la fourniture et pose lorsque ces éléments pèsent sur le poste matériel du marché.

Concrètement, il permet d’isoler l’impact du coût des matériaux et des équipements sur le prix global d’un lot. Cela simplifie l’application de clauses de révision de prix dans les contrats de construction et l’ajustement des marges en fonction des variations observées.

Intérêt pour les entreprises de construction et maîtres d’ouvrage

Pour les entreprises, l’index sert d’outil de protection contre l’érosion de marge liée à la hausse des coûts matériels et salariaux.
Il facilite la négociation de révisions de prix et l’établissement d’offres mieux calibrées, avec des postes chiffrés selon l’évolution réelle des coûts.

Pour les maîtres d’ouvrage, l’index offre une base objective pour valider des demandes d’actualisation de prix et suivre l’impact des coûts des matériaux sur le budget.
Les collectivités et entreprises privées l’utilisent pour automatiser les révisions contractuelles et réduire les litiges liés aux écarts de coûts constatés sur le chantier.

Rôle de l’index MABTGO dans les marchés publics

Des professionnels en réunion autour d'une table de conférence avec des ordinateurs et des graphiques, discutant de données économiques dans un bureau lumineux.

L’index MABTGO sert à mesurer l’évolution des coûts des postes matériels pour le gros‑œuvre et facilite la révision des prix des contrats de travaux. Il intervient directement dans les clauses de variation de prix et dans l’analyse des risques économiques des marchés de construction.

Pourquoi les acheteurs publics s’appuient sur les index INSEE

Les acheteurs publics utilisent l’index INSEE MABTGO pour garantir la transparence et l’objectivité des révisions de prix.
L’indice apporte une référence statistique officielle, ce qui réduit les contestations entre collectivités et entreprises.

Il permet aussi d’aligner les prix sur l’évolution réelle des coûts des matériaux et équipements du gros‑œuvre.
Les administrations inscrivent souvent cet index dans les marchés publics et dans les dossiers de consultation pour assurer une base commune de calcul.

Enfin, l’utilisation d’un index national facilite la conformité aux règles du code de la commande publique et aux bonnes pratiques d’achat public.
Les services qui préparent les marchés y voient un outil de prévisibilité pour calendriers budgétaires et appels d’offres.

Index MABTGO et clauses de variation de prix dans les marchés de travaux

L’index MABTGO sert de variable de référence dans les clauses de révision ou d’actualisation des prix.
La clause précise la formule (par exemple mix d’indices et pondérations) et la périodicité d’application (mensuelle, trimestrielle).

Les titulaires de contrats de travaux doivent pouvoir recalculer leur prix en se basant sur la série publiée par l’INSEE.
La lecture correcte impose d’indiquer la base (année/base 100) et la méthode de chainage dans le marché.

En pratique, la clause protège l’entreprise contre l’aléa prix tout en limitant l’excès de transferts de charges vers l’acheteur.
Elle doit rester liée à l’objet du contrat pour respecter les principes du code de la commande publique.

Sécurisation économique des contrats (risques, aléas, inflation)

L’usage de l’index MABTGO réduit l’exposition aux risques liés à la fluctuation des prix des matériaux et du matériel.
Il offre une réponse mécanique à l’inflation sectorielle sans renégociation systématique des marchés.

Pour les maîtres d’ouvrage, l’index aide à quantifier le risque financier et à calibrer les provisions budgétaires.
Pour les entreprises, il garantit un ajustement objectif des marges et des coûts réels du chantier.

Cependant, il ne couvre pas tous les aléas (main‑d’œuvre spécifique, ruptures d’approvisionnement).
Les marchés de construction combinent souvent l’indexation avec clauses complémentaires (réexamen, indemnités) pour une sécurisation complète.

Comment trouver la valeur de l’index INSEE MABTGO ?

La valeur de l’indice se trouve dans les séries publiées par l’INSEE, souvent présentées avec la base 100 en 2010 et des précisions sur le périmètre. Il est essentiel de vérifier la date de publication, la base de référence et le code de l’indice pour une indexation contractuelle correcte.

Où consulter les séries officielles publiées par l’INSEE

Consulter le site officiel de l’INSEE permet d’accéder aux séries chronologiques mises à jour mensuellement. Rechercher l’indice « MABTGO » ou le numéro 001711008 renvoie à la fiche et aux tables téléchargeables (CSV, XLS).
La publication figure aussi dans le Bulletin Officiel des Indices du Bâtiment et, pour les validations administratives, les valeurs sont reprises au Journal officiel quand une consolidation légale est nécessaire.
Télécharger la série chronologique évite les erreurs de transcription. Vérifier la mention « base 100 en 2010 » sur la page de l’indice confirme l’unité de référence utilisée.

Comprendre la base 100 et les dates de référence

La mention « base 2010 » signifie que l’année 2010 vaut 100 par convention; les variations ultérieures sont exprimées par rapport à ce niveau. Une valeur de 120 en janvier 2025 indique une hausse de 20 % depuis 2010.
Vérifier aussi les dates de la série : certaines fiches indiquent des valeurs estimées (« e ») ou rectifiées (« r ») et la période couverte.
Pour l’indexation d’un marché, utiliser la valeur correspondant au mois contractuel précisé (ex. mois d’exécution ou de facturation) et reporter le libellé exact de la base (Base 100 en 2010) sur le document.

Lire et interpréter la fiche de l’indice (code, base, champ couvert)

La fiche comporte généralement : le code INSEE (ex. 001711008), l’intitulé « MABTGO — Poste matériel des index bâtiment Gros-œuvre », la base (Base 100 en 2010) et le champ professionnel couvert.
Repérer les annotations : « r » = valeur rectifiée, « e » = estimée, « nc » = non communiquée. Ces marques indiquent fiabilité et révision des données.
Vérifier le champ couvert pour s’assurer que l’activité du marché correspond (matériel, gros-œuvre, etc.). Noter la périodicité (mensuelle) et conserver la référence de publication INSEE ou la parution du Bulletin Officiel des Indices du Bâtiment utilisée pour prouver la source.

Comment utiliser l’index MABTGO pour réviser un prix de marché ?

L’index MABTGO sert à recalculer un prix contractuel en fonction des variations observées des coûts de matériaux, main-d’œuvre et prestations. Il faut déterminer l’indice de référence, la période de comparaison et appliquer la formule de révision prévue au marché.

Principes de la révision de prix dans les marchés publics

La révision des prix permet d’ajuster un prix de marché pour compenser les variations économiques intervenues depuis l’attribution. Elle s’appuie sur un indice publié (ici MABTGO) lié à l’objet du marché et à la part relative des composantes (matériaux, main-d’œuvre, équipements).
La clause de révision doit préciser : l’indice utilisé, la périodicité de calcul, la période de référence (mois ou trimestre) et l’éventuelle partie fixe.
Lors de l’application, on vérifie la série d’indices publiée par l’Insee, on note l’indice de référence (I0) et l’indice courant (It), et on calcule l’ajustement selon la formule contractuelle.
Il convient aussi de contrôler les dates de prise d’effet et la conformité administrative du calcul avant paiement.

Choix de l’indice pertinent en fonction de l’objet du marché

L’indexation doit correspondre aux coûts dominants du marché : construction, gros œuvre, second œuvre, ou maintenance. MABTGO est adapté aux marchés du bâtiment et travaux où la combinaison Matériel-Achats-Bâtiment-Travaux-Gros-Œuvre reflète bien les évolutions de prix.
Pour un marché orienté main-d’œuvre lourde, on privilégiera une pondération ou un indice différent si la clause le permet.
Il est possible de combiner MABTGO avec d’autres indices Insee si le marché répartit clairement les postes (ex. matériaux vs services).
Documenter le choix d’indice dans le dossier marché aide en cas de contestation : mentionner motivations, pondérations retenues et sources Insee (numéros et dates).

Formule type de révision de prix intégrant l’index MABTGO

Formule courante (à adapter selon le marché) :
Prix révisé P(t) = P0 × [ a + b × (It / I0) ]

  • P0 : prix initial ou prix de base.
  • I0 : indice MABTGO de référence (date contractuelle).
  • It : indice MABTGO à la période de révision.
  • a : part fixe (non ajustable) exprimée en proportion.
  • b : part soumise à l’indice (a + b = 1).

Exemple concret : si P0 = 100 000 €, a = 0,20, b = 0,80, I0 = 120, It = 132 alors P(t) = 100 000 × [0,20 + 0,80 × (132/120)] = 100 000 × [0,20 + 0,88] = 108 000 €.
Vérifier les arrondis, la périodicité (mensuelle/trimestrielle) et la méthode de lecture des séries Insee.
Conserver toutes les preuves (tableaux d’indices, calculs) et joindre un bordereau de révision pour le paiement.

Exemple de calcul de révision de prix avec l’index MABTGO

Un groupe de professionnels en réunion autour d'une table avec des graphiques et des documents financiers, analysant des données économiques sur un écran d'ordinateur.

Cet exemple montre comment identifier les indices de base, appliquer une formule de révision simple et éviter les erreurs courantes dans un marché de travaux. Il illustre l’usage concret de l’index MABTGO pour actualiser un prix contractuel et préserver l’équilibre économique du marché.

Identification des indices de référence (P0, I0, Im, etc.)

Il faut repérer trois éléments principaux : P0 (prix initial du poste), I0 (indice de référence au démarrage) et Im (indice publié au moment de la facture).
Par exemple, pour un lot charpente P0 = 15 000 €, I0 = 112,3 (MABTGO mois de référence), Im = 118,7 (indice du mois de facturation).

Identifier la pondération éventuelle si la clause de révision n’utilise pas un seul indice MABTGO mais une combinaison (par ex. main-d’oeuvre vs matériaux).
Noter aussi la périodicité retenue (mensuelle, trimestrielle) et la source officielle de l’indice INSEE utilisée dans le marché de travaux.

Vérifier la concordance des périodes : la date de référence I0 doit correspondre à celle prévue au contrat et Im doit être le dernier indice publié applicable à la date d’actualisation.
Conserver les extraits INSEE ou captures d’écran comme pièces justificatives.

Application pas à pas d’une formule de révision sur un marché de travaux

Utiliser une formule standard : Pm = P0 × (a + b × Im/I0), ou la formule contractuelle exacte si différente.
Dans l’exemple simple, si la clause impose Pm = P0 × (Im / I0), on calcule Pm = 15 000 × (118,7 / 112,3) = 15 000 × 1,0569 ≈ 15 853,50 €.

Présenter le calcul sous forme de tableau pour la lisibilité :

  • P0 : 15 000 €
  • I0 : 112,3
  • Im : 118,7
  • Coefficient = Im / I0 = 1,0569
  • Pm (révisé) ≈ 15 853,50 €

Arrondir conformément à la pratique contractuelle (au centime ou à l’euro), puis indiquer la période facturée et joindre l’extrait INSEE.
Documenter chaque étape dans le décompte mensuel et préciser si l’actualisation est partielle (exécution partielle du lot).

Erreurs fréquentes à éviter lors de l’actualisation d’un prix

Ne pas confondre index différents : utiliser MABTGO quand la clause le prévoit, pas BT34 ou d’autres indices.
Éviter d’appliquer un indice publié après la date de facturation ou avant la date de référence contractuelle.

Ne pas oublier la pondération contractuelle : appliquer la formule unique du marché, surtout si la clause sépare main-d’oeuvre et matériaux.
Éviter les arrondis excessifs ; respecter la précision définie par le contrat.

Toujours consigner la source INSEE et la date de consultation.
Ne pas omettre d’indiquer, sur le décompte, la période concernée et le mode de calcul pour faciliter le contrôle du maître d’ouvrage.

Comment intégrer l’index MABTGO dans les pièces d’un marché public ?

Un groupe de professionnels en réunion autour d'une table avec des documents et un ordinateur portable affichant des graphiques financiers.

L’index MABTGO doit être nommé clairement, associé à la formule de calcul et à la périodicité de révision. Il faut préciser son application par poste (matériel, gros œuvre, etc.) et indiquer la date de base et la source INSEE retenue.

Mentionner l’indice dans le règlement de la consultation et le CCTP

Il convient d’indiquer dans le règlement de la consultation et dans le CCTP le libellé exact de l’indice : « Index divers de la construction — MABTGO (Base 2010) — INSEE ».
Préciser la portée : postes concernés (ex. « poste matériel — MABTGO »), l’unité de référence (valeur en euros hors TVA) et la date de référence retenue pour le contrat.

Ajouter une clause qui renvoie à la publication INSEE officielle pour les valeurs et les séries chronologiques.
Indiquer la méthode de recalcul (formule) et l’adresse/source INSEE afin d’éviter toute ambiguïté lors de l’exécution.

Rédaction de la clause de variation de prix et périodicité de révision

Rédiger une clause de variation de prix explicite contenant : la formule de calcul, l’indice de base (date et valeur), l’indice de référence périodique et la périodicité de révision (mensuelle, trimestrielle ou annuelle).
Exemple de structure de clause :

  • indice de base = M0 (valeur INSEE au démarrage) ;
  • indice courant = Mt (valeur INSEE à la date de révision) ;
  • prix révisé = prix initial × (a × Mt / M0 + b), avec coefficients a/b si application partielle.

Fixer la périodicité en fonction du risque coûts : travaux sensibles aux variations matérielles → périodicité mensuelle ou trimestrielle ; marchés à faible sensibilité → annuelle.
Prévoir modalités pratiques : demande écrite du titulaire, délais d’instruction, justificatifs et date d’effet des révisions.

Bonnes pratiques pour articuler MABTGO avec d’autres indices INSEE

Quand plusieurs indices concernent un marché, définir l’ordre de priorité et les postes affectés.
Utiliser des tableaux dans le CCTP qui croisent postes (main-d’œuvre, matériel, gros œuvre) et indices (MABTGO, IM, index du bâtiment) pour clarifier l’application.

Prévoir une clause de substitution pour le cas où un indice devient obsolète : indiquer la méthode de remplacement (indice comparable INSEE) et l’organe qui décidera (acheteur).
Vérifier la cohérence des périodicités entre indices pour éviter des effets de double révision ; harmoniser ou expliciter les règles de calcul pondéré si plusieurs indices s’appliquent au même poste.

Limites et points de vigilance liés à l’index MABTGO

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L’index MABTGO sert d’outil pratique pour réviser les prix, mais il présente des limites opérationnelles et méthodologiques. Il faut vérifier les délais de publication, l’adéquation aux postes matériels réellement utilisés et la manière dont il se combine avec d’autres mécanismes d’actualisation.

Délais de publication et impact sur la facturation des acomptes

L’INSEE publie les indices selon une périodicité définie, souvent mensuelle, ce qui crée un décalage entre la variation réelle des coûts et la valeur disponible pour ajuster les factures.
Ce décalage peut retarder l’actualisation des acomptes et amplifier le risque financier pour l’entreprise si les prix des matériels augmentent rapidement.

Il convient d’anticiper le délai de disponibilité des séries MABTGO dans les contrats.
La rédaction doit préciser la date de référence de l’indice utilisée pour calculer un acompte, ainsi que le mode de calcul en cas de publication tardive.

Privilégier une clause claire sur le coefficient de raccordement aide à automatiser la liaison entre l’indice publié et la base contractuelle.
Une clause provisoire peut prévoir l’utilisation d’un dernier indice connu et une régularisation dès parution du nouvel indice.

Inadéquation possible entre l’indice et la réalité d’un chantier donné

L’indice MABTGO reflète l’évolution moyenne des coûts matériels pour le gros-œuvre, mais il ne capture pas la composition exacte des matériels ni les pondérations spécifiques d’un chantier.
Un chantier fortement dépendant d’équipements spéciaux peut voir une divergence importante entre son coût réel et la variation de l’indice.

Pour limiter l’écart, il est utile de définir des pondérations adaptées en annexe du marché ou d’ajouter un coefficient de raccordement propre au lot.
Le coefficient ajuste l’élasticité de la variation de prix en fonction de la part matérielle réelle.

La mesure la plus robuste consiste à combiner l’indice MABTGO avec des indices complémentaires ou des relevés de prix fournisseurs pour les postes atypiques.
Les relevés périodiques facilitent la justification comptable et la négociation lors des révisions.

Articulation avec d’autres mécanismes d’actualisation ou de révision

Les marchés peuvent prévoir plusieurs mécanismes : indexation automatique par MABTGO, clause de révision forfaitaire ou révision basée sur un panier d’indices.
Il faut préciser l’ordre de priorité et les formules mathématiques (par ex. pondérations, coefficient de raccordement) pour éviter les doublons ou les conflits d’application.

Une pratique courante consiste à fournir un tableau des pondérations par poste et l’algorithme de calcul (formule linéaire ou composite).
Ce tableau aide à appliquer simultanément MABTGO avec un indice salarial ou énergétique sans distorsion.

En cas de recours à une révision négociée, il est recommandé d’insérer des règles de transparence : justificatifs, périodicité des demandes et délais de traitement.
Cela préserve la prévisibilité financière et limite les litiges entre parties.

Alternatives et indices complémentaires à MABTGO

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MABTGO sert principalement pour le poste matériel en gros-œuvre, mais d’autres indices permettent d’ajuster les prix selon la nature des travaux, la part matières premières ou la localisation. Ils aident à mieux refléter la structure de coût réelle du marché public ou privé.

Autres index bâtiment et travaux publics utilisables en marchés publics

L’INSEE publie plusieurs indices pertinents : indices nationaux du bâtiment, indices travaux publics (ex. TP02, TP03a), et indices divers de la construction comme EV2–EV4 ou PMR.
L’ICC (indice du coût de la construction) reste utile pour comparer l’évolution globale des coûts bâtiment hors équipement.

Les indices matières premières (acier, ciment, bitume) sont essentiels lorsque la part matériaux est élevée.
L’IPC peut compléter l’analyse pour les éléments de main-d’œuvre non couverts par un index technique.

Pour un marché public, il convient de choisir l’indice le plus proche du poste concerné et de l’énoncer explicitement dans le contrat selon le code de la commande publique.
Ils servent aussi à construire des formules de révision précises (pondérations, base, périodicité).

Cas où privilégier un autre indice (second-œuvre, travaux publics, etc.)

Pour le second-œuvre, privilégier MABTSO ou indices spécifiques au lot (électricité, plomberie, menuiserie) plutôt que MABTGO.
Les postes main-d’œuvre, fournitures techniques ou équipements bénéficieront d’indices sectoriels plus représentatifs.

Sur les chantiers de travaux publics, choisir TP02/TP03a ou un indice TRTP adapté aux routes, terrassements ou ouvrages d’art.
Les marchés dominés par les matières premières (ex. fortes variations de bitume ou acier) doivent intégrer un indice matières premières ou une clause dédiée.

Lorsqu’un lot mélange gros-œuvre et second-œuvre, une substitution d’indices par poste évite les distorsions de prix et limite les risques financiers pour les deux parties.

Combiner plusieurs indices pour refléter au mieux la structure de coûts

Il est courant de composer une formule de révision pondérée : par exemple 40 % MABTGO (matériel gros-œuvre), 35 % MABTSO (second-œuvre), 15 % indice matières premières et 10 % IPC.
La pondération se base sur l’analyse du bordereau de prix et des coûts prévisionnels du marché.

On peut définir des sous-indices pour main-d’œuvre et matériel, ou intégrer un indice TRTP pour travaux publics en sous-tranche.
Il faut préciser la base (année, mois) et la périodicité de calcul dans le contrat afin d’éviter les litiges.

Outils pratiques : tableau des pondérations, liste des indices retenus avec codes INSEE (ex. MABTGO, MABTSO, TP02), et exemple de calcul pour une révision.
Ce type de combinaison améliore la représentativité des variations de coût et protège les parties contre les fluctuations sectorielles.

Synthèse : bien utiliser l’index MABTGO pour sécuriser ses marchés de travaux

Un groupe de professionnels en réunion autour d'une table avec des graphiques financiers affichés sur un écran numérique, discutant de l'analyse économique.

L’index MABTGO sert à ajuster les prix des marchés de travaux selon l’évolution des coûts matériels du gros-œuvre. Il aide à piloter les écarts de coûts, structurer les clauses de révision et limiter les risques financiers pour acheteurs et entreprises.

L’index MABTGO comme outil de pilotage économique des marchés

L’index MABTGO suit l’évolution des coûts matériels spécifiques au bâtiment gros-œuvre. Il permet d’indexer les prix contractuels lorsque les clauses de révision prévues dans le contrat renvoient à ce poste matériel précis.

Il se montre pertinent pour les marchés sensibles aux variations des matières premières et des matériels lourds. En gestion des marchés, il sert à calibrer la périodicité des révisions (mensuelle, trimestrielle) et le périmètre des coûts couverts par la clause.

Recommandation pratique : désigner explicitement dans le marché la référence MABTGO (numéro et base) et la formule de révision utilisée. Cela évite les interprétations divergentes lors d’une demande d’actualisation des prix.

Bénéfices pour les acheteurs publics et les entreprises de travaux

Pour l’acheteur public, l’index limite le risque de sous-financement d’un marché en garantissant une méthode objective d’ajustement. Il apporte transparence lors des arbitrages budgétaires et facilite la prévision des dépenses sur la durée d’un chantier.

Pour l’entreprise, l’index protège la marge contre les hausses imprévues du poste matériel. Il réduit la probabilité de demandes de renégociation extraordinaires et améliore la stabilité financière du contrat.

Points pratiques à appliquer en gestion des marchés :

  • Choisir la base (année) et la période de référence dans l’acte d’engagement.
  • Prévoir les plafonds ou planchers si nécessaire.
  • Documenter calculs et justificatifs à chaque révision pour traçabilité.

Vérifications essentielles avant de signer ou exécuter un marché public

Vérifier la correspondance entre l’objet du marché et le poste MABTGO sélectionné. L’inadéquation entre travaux et indice entraîne des écarts non couverts ou des litiges ultérieurs.

Contrôler la formule mathématique inscrite (ex. proportion d’application, coefficient de pondération) et la périodicité de mise à jour. Une formule ambiguë génère des interprétations opposées entre parties.

Exiger les modalités de justification des révisions : documents à fournir, délai de notification et mécanisme de résolution des désaccords. Enfin, tester un exemple de calcul sur des données récentes pour vérifier l’impact pratique sur le prix contractuel.

Questions Fréquentes

Des professionnels discutant autour d'un écran affichant des graphiques et des données économiques dans un bureau moderne.

L’Index INSEE MABTGO sert à indexer les coûts matériels du gros-œuvre et à actualiser les prix des contrats de construction. Il s’utilise dans le calcul des révisions de prix, la préparation des bordereaux et le suivi des variations de coûts des matériaux.

Quelles sont les fonctionnalités principales de l’Index INSEE MABTGO ?

L’index mesure l’évolution des prix du poste « matériel » pour le bâtiment gros-œuvre.
Il fournit une base chiffrée pour recalculer les prix contractuels et maintenir l’équité financière entre parties.

Il permet de ventiler les coûts par postes et d’isoler l’impact des matières premières.
Les données servent aussi de référence pour les études de coûts et prévisions budgétaires.

Comment intégrer l’Index INSEE MABTGO dans les processus administratifs ?

On l’intègre en le faisant figurer dans les clauses de révision des marchés et dans les bordereaux quantitatifs.
Il faut préciser la formule de calcul (base, coefficients, période de référence) dans les documents contractuels.

Les services comptables et techniques utilisent l’index pour automatiser les recalculs périodiques.
Les cellules marchés publics l’ajoutent aux tableurs d’actualisation des prix pour chaque lot concerné.

Quel est l’impact de l’Index INSEE MABTGO sur la simplification des démarches administratives ?

Il réduit les litiges liés aux variations de prix en fournissant une référence reconnue et publique.
Les ajustements deviennent plus transparents et traçables.

La standardisation des formules diminue le temps passé à négocier les révisions.
Les administrations gagnent en clarté lors des vérifications comptables et audits.

Quelles sont les étapes à suivre pour accéder à l’Index INSEE MABTGO ?

Se rendre sur le site de l’INSEE ou la page dédiée aux indices de la construction.
Rechercher l’index « MABTGO » ou le poste matériel bâtiment gros-œuvre dans la base d’indices.

Télécharger les séries chronologiques au format disponible (CSV, PDF) ou consulter les tableaux en ligne.
Vérifier la base de référence et la période pour s’assurer de la cohérence avec le contrat.

Comment assure-t-on la confidentialité et la sécurité des données avec l’Index INSEE MABTGO ?

Les fichiers publiés par l’INSEE sont des données publiques et ne contiennent pas d’informations contractuelles privées.
La confidentialité relève des parties qui intègrent l’index dans leurs systèmes : elles doivent protéger leurs fichiers et accès.

Les administrations et entreprises utilisent des accès sécurisés et des sauvegardes pour leurs tableurs d’actualisation.
Les transmissions de résultats sensibles se font via canaux chiffrés et comptes protégés.

En quoi l’Index INSEE MABTGO est-il mis à jour et maintenu à jour par l’INSEE ?

L’INSEE actualise les indices selon une périodicité définie (mensuelle ou trimestrielle selon la série).
Les mises à jour reflètent les évolutions observées des prix des matériaux et des sources statistiques.

L’organisme publie les nouvelles séries et note les changements de base ou de méthodologie.
Les utilisateurs doivent vérifier les avis de publication pour adapter les formules de révision.

Conclusion

L’index INSEE MABTGO est pertinent dès lors qu’un marché de bâtiment comporte une part significative de matériel et d’équipements liés au gros œuvre. Il apporte une référence objective pour suivre l’évolution de ce poste de coût et éviter que le prix contractuel devienne trop éloigné de la réalité économique en cours de chantier.

Son utilisation consiste surtout à l’intégrer dans une clause d’actualisation ou de révision des prix, soit seul pour indexer un poste “matériel gros œuvre”, soit dans une formule pondérée avec d’autres indices lorsque le marché mélange plusieurs composantes (main-d’œuvre, matériaux, prestations). L’objectif est de rapprocher l’indexation de la structure réelle du coût, sans sur-réviser des postes qui ne sont pas concernés.

Pour que l’application soit sécurisée, la clause doit être précise : indice retenu, base, période de référence, périodicité, modalités d’arrondi et règle à suivre en cas de changement de base ou de série. En exécution, la traçabilité est déterminante : relever les valeurs officielles, conserver l’extrait INSEE et archiver le calcul évite les contestations lors des acomptes, du décompte général ou d’un audit.

Enfin, MABTGO reste un indice “moyen” : il ne reflète pas toujours les contraintes spécifiques d’un chantier (matériels particuliers, contexte local, fortes variations ponctuelles). La bonne pratique est donc de vérifier l’adéquation de l’indice au périmètre du lot, et, si nécessaire, de compléter avec une ventilation par postes ou une combinaison d’indices plus représentative, pour maintenir l’équilibre économique du marché sans créer de distorsions.


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À propos de l’auteur (Philippe COURTOIS)

Après une première partie de carrière dédiée au commerce et à la vente (Banque LCL, Unilever, groupe Seloger.com) je me suis spécialisé dès 2010 dans la réponse aux appels d’offres, d’abord au sein de grands groupes (Essity, Bureau Veritas, groupe Sonepar) puis en tant que Consultant Marchés Publics dans un cabinet de conseil, avant de participer enfin au lancement des marchés publics pour la Société du Grand Paris dans le cadre du plus grand projet d’infrastructure d’Europe (Grand Paris Express).

C’est fort de cette expertise concrète et issue du terrain que j’ai décidé en 2022 de lancer mon activité et d’accompagner les entreprises souhaitant augmenter leur part de marché sur le secteur public.




À propos d’AO Conquête

AO Conquête accompagne les PME souhaitant se positionner efficacement sur les marchés publics afin de gagner en croissance.

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