L’index INSEE BT38 est un indice de prix du bâtiment qui mesure l’évolution des coûts de la plomberie sanitaire et équipements associés; il sert à réviser les prix des marchés et contrats pour compenser le délai entre signature et exécution. Il permet d’ajuster contractuellement les prix des travaux de plomberie selon une formule de révision basée sur l’évolution de l’indice.

Cet article explique comment lire BT38, où trouver ses valeurs officielles, comment l’appliquer dans une clause de révision et quelles pratiques éviter pour limiter les litiges. Il fournit des exemples concrets et des conseils pratiques pour intégrer BT38 dans un marché ou un devis en cohérence avec les règles actuelles de la commande publique et les contraintes RE2020.
Points Clés
- BT38 est utilisé pour réviser les prix des travaux de plomberie en fonction de l’évolution des coûts.
- Les valeurs officielles BT38 se trouvent sur le site de l’INSEE et sont publiées mensuellement.
- Appliquer BT38 nécessite une formule de révision claire et une vigilance sur les périodes de référence.
Introduction à l’index INSEE BT38
L’index BT38 mesure l’évolution des coûts liés aux travaux de plomberie sanitaire et aux appareils associés. Il sert d’outil de référence pour réviser les prix des marchés et contrats liés à ces prestations.
Définition de l’index BT38 et place dans la famille des index BT
L’index BT38 fait partie des indices « BT » publiés par l’INSEE pour le secteur du bâtiment.
Il porte spécifiquement sur la plomberie sanitaire (y compris les appareils) et permet d’évaluer l’évolution des coûts de cette sous‑activité par rapport à une base 100 = 2010.
On l’utilise pour actualiser les prix contractuels lorsque les formules de révision prévoient l’emploi d’un index sectoriel.
Sa granularité le distingue des indices plus généraux du bâtiment : il reflète les variations de prix des matériaux, de la main‑d’œuvre spécialisée et des équipements sanitaires.
Activités couvertes : plomberie sanitaire et équipements associés
BT38 couvre les prestations de pose et d’installation de réseaux d’eau potable, d’évacuation, de chauffage sanitaire et d’accessoires.
Sont incluses les installations de sanitaires (lavabos, baignoires, douches), les appareils fixes (chauffe‑eau, chaudières sanitaires dans la mesure où elles relèvent de la plomberie) et la main‑d’œuvre spécialisée nécessaire.
Les fournitures (tuyauterie, robinetterie, raccords) et certains éléments de montage influencent fortement l’index.
Les variations de prix intègrent aussi l’évolution des coûts énergétiques et des composants standards du secteur.
Publication de l’index par l’INSEE : périodicité, base 2010 et sources officielles
L’INSEE publie les indices BT, y compris BT38, de manière mensuelle.
Les valeurs sont exprimées en base 100 = 2010, norme utilisée depuis la base 2010.
Les publications officielles se trouvent sur le site de l’INSEE et sont reprises dans les bulletins de parution ; elles servent de référence juridique et pratique pour l’actualisation des contrats.
Pour une application correcte, il convient de relever la date de parution et la valeur mensuelle correspondant à la période contractuelle.
À quoi sert l’index BT38 dans le bâtiment ?
L’index BT38 mesure l’évolution des coûts spécifiques à la plomberie sanitaire et aux appareils associés. Il sert d’outil d’ajustement des prix dans les marchés et contrats de construction pour refléter les variations des coûts de production et des matières premières.
Suivre l’évolution des coûts en plomberie sanitaire
L’index BT38 synthétise les variations de prix des matériaux (tuyauterie, robinetterie, appareils sanitaires), de la main-d’œuvre spécialisée et des charges indirectes liées aux travaux de plomberie. Les entreprises l’utilisent pour calculer la révision de prix d’un marché lorsque le contrat prévoit une clause d’indexation fondée sur un indice BT.
Les maîtres d’ouvrage s’en servent pour vérifier que l’évolution du prix de la prestation reflète bien les coûts réellement supportés par l’entreprise, notamment lorsqu’il y a des fluctuations importantes des matières premières ou des tarifs de sous-traitance.
Sa publication mensuelle par l’INSEE, avec un décalage de quelques mois, permet un suivi régulier du coût de la construction pour cette activité précise.
Différences entre index BT38 et autres index BT (BT01, BT40, etc.)
Chaque index BT couvre un secteur d’activité du bâtiment : BT38 cible la plomberie sanitaire, BT01 porte sur l’ensemble du bâtiment, BT40 peut concerner d’autres corps d’état. Les pondérations et les séries de prix qui composent chaque indice varient selon le profil des coûts (matériaux, main-d’œuvre, énergie).
Concrètement, BT38 reflète mieux les variations du prix de la construction liées aux produits sanitaires et équipements, là où un indice général comme BT01 lisse ces effets sur l’ensemble des métiers. Pour un marché de plomberie, l’usage de BT38 donne une indexation plus précise du prix de construction.
Le choix de l’indice dans un contrat influe directement sur le calcul de la variation de prix et sur la part du risque prix supportée par l’entreprise versus le maître d’ouvrage.
Avantages pour les entreprises de travaux et les maîtres d’ouvrage
Pour les entreprises, BT38 facilite la gestion du risque prix : il permet d’anticiper et de répercuter une partie des hausses de coûts sans renégociation complète du contrat. Cela protège la rentabilité des chantiers lorsque le coût de la construction augmente rapidement.
Pour les maîtres d’ouvrage, l’utilisation d’un indice ciblé garantit une plus grande transparence et une meilleure correspondance entre le prix payé et les coûts réels de l’activité plomberie. Ils peuvent ainsi comparer les offres et contrôler l’évolution des prix de construction pendant l’exécution des travaux.
En pratique, l’application de BT38 doit être précisée dans la clause de révision des prix (formule, période de référence, périodicité) pour éviter les litiges et assurer une indexation conforme au contexte économique du chantier.
Composition et mode de calcul de l’index BT38

L’index BT38 détaille la composition des coûts spécifiques à la plomberie sanitaire et agrège des séries de prix pour produire un indice de référence. Il distingue postes de dépenses (matériel, main-d’œuvre, énergie, services, transport) et publie des valeurs en base 100 (2010) avec variations mensuelles et annuelles utiles pour la révision des contrats et les prévisions budgétaires.
Principales composantes de l’index : matériel, travail, matériaux, énergie, services, transport
L’indice intègre plusieurs familles de coûts pondérées selon leur importance dans les ouvrages de plomberie sanitaire.
- Matériel et appareils : robinets, chauffe-eau, receveurs, tuyauterie spécifique. Ces éléments pèsent fortement pour les marchés intégrant fournitures.
- Matériaux de construction : tuyaux PVC/PEX, raccords, colles et isolants. Leur prix influence directement les coûts de revient et les prévisions budgétaires.
- Travail (main-d’œuvre) : heures de pose, coefficients salariaux, charges sociales. La composante travail tient compte des coûts salariaux médians du secteur.
- Énergie : consommation liée à la fabrication des équipements et chantiers (gaz, électricité).
- Services et sous-traitance : études, diagnostics, mise en service, garantie.
- Transport : livraison des matériels volumineux ou fragiles vers le chantier.
Chaque composante est pondérée puis agrégée pour refléter le coût complet d’une opération plomberie. Ces pondérations servent à ajuster les contrats et établir des prévisions budgétaires réalistes.
Comment l’INSEE recueille et agrège les données de coûts
L’INSEE collecte données auprès d’entreprises du bâtiment, fournisseurs et sources administratives.
Les enquêtes portent sur prix facturés, salaires, consommations énergétiques et tarifs de transport. Les équipes comparent séries historiques et nouvelles observations pour corriger anomalies.
L’agrégation combine séries élémentaires pondérées selon la structure de coûts du secteur plomberie. Méthodologie : nettoyage des valeurs aberrantes, calcul d’indices élémentaires, puis application de pondérations pour obtenir l’indice BT38.
Ce processus assure que l’indice reflète l’évolution réelle des coûts de construction et des matériaux de construction utilisés en plomberie. Les données sont mises à jour mensuellement pour accompagner les révisions de prix contractuels.
Lecture des valeurs publiées : base 100, variations mensuelles et annuelles
Les valeurs BT38 sont exprimées en base 100 = année 2010; une valeur de 120 signifie une hausse de 20 % depuis 2010.
Les publications mensuelles contiennent : valeur du mois, variation mensuelle (en %), et variation sur 12 mois.
Pour la gestion de contrat et les prévisions budgétaires, il convient de :
- vérifier la valeur de référence inscrite dans le marché,
- appliquer la formule de révision prévue (en fonction de l’indice publié),
- utiliser la variation 12 mois pour estimer l’évolution future des coûts de construction.
Les praticiens surveillent aussi les sous-indices (matériaux, travail) pour anticiper les tendances sectorielles et ajuster les budgets.
Où trouver les valeurs actualisées de l’index BT38 ?

Les valeurs de l’index BT38 se trouvent principalement sur des sources officielles et des récapitulatifs professionnels. Elles incluent les séries chronologiques détaillées, les tableaux mensuels publiés et des reprises par la presse spécialisée.
Consultation des séries détaillées sur le site de l’INSEE
L’INSEE publie les séries chronologiques de l’index BT38, base 2010, avec les valeurs mensuelles et les métadonnées associées.
On peut télécharger les séries au format CSV ou consulter les fiches série sur la page dédiée « Consulter les indices et séries chronologiques ».
Les séries rétropolées, lorsqu’elles existent, sont mentionnées dans les métadonnées ; il faut vérifier la date de rétropolation si l’on compare des périodes longues.
La publication inclut parfois des précisions méthodologiques et des avis de parution utiles pour la révision de prix.
Pour un usage contractuel, il est recommandé de conserver une copie horodatée de la page INSEE ou du fichier téléchargé.
Accès via les tableaux récapitulatifs « index bâtiment et travaux publics »
Plusieurs tableaux récapitulatifs centralisent les index BT (dont BT38) sous forme mensuelle ou annuelle.
Ces tableaux se trouvent soit sur le site INSEE, soit sur des portails spécialisés qui reprennent les séries officielles.
Ils offrent un accès rapide aux dernières valeurs publiées et aux indices de référence pour la révision de prix.
Vérifier toujours la mention de la base (base 2010) et la date de mise à jour figurant sur le tableau.
La parution des index dans le Journal officiel n’est pas systématique, mais les changements méthodologiques ou corrections significatives peuvent y être mentionnés ou référencés via l’INSEE.
Sites professionnels et presse spécialisée du bâtiment (Le Moniteur, FFB, etc.)
Les médias professionnels comme Le Moniteur, la Fédération française du bâtiment (FFB) ou CAPEB diffusent régulièrement les valeurs de BT38 et proposent des outils d’aide à la révision.
Ces sources synthétisent les chiffres, expliquent l’impact sur les marchés et proposent parfois des calculateurs en ligne.
Elles reprennent les séries INSEE et signalent les mises à jour, notamment en cas de correction ou de nouvelle série rétropolée.
Pour des usages juridiques ou administratifs, il faut croiser ces reprises avec la source INSEE et conserver la référence officielle.
Les abonnements professionnels donnent souvent accès à des tableaux historiques téléchargeables et à des alertes de publication.
Utiliser l’index BT38 pour réviser un prix

L’index BT38 permet d’ajuster un prix contractuel pour refléter l’évolution réelle des coûts de plomberie sanitaire. Il s’applique via une clause de révision précisant la date de référence, la périodicité et la formule de calcul utilisée.
Principe général de la révision de prix à partir d’un index de construction
La révision repose sur la comparaison entre l’index BT38 à deux dates : celle retenue comme référence et celle de révision.
La clause de révision doit figurer dans le contrat pour que l’ajustement soit automatique et opposable. Sans clause, la partie souhaitant modifier le prix doit négocier ou invoquer des dispositions contractuelles spécifiques.
L’objectif est de ramener le prix au plus proche du prix de revient réel de l’entreprise, en tenant compte de l’évolution des matières premières, de la main-d’œuvre et des coûts indirects inclus dans l’indice.
L’index sert d’outil objectif : il évite les litiges en s’appuyant sur une série publiée par l’INSEE (BT38) et actualisée périodiquement.
Choisir la date de référence et la période d’application de l’index
La date de référence est généralement la date de remise de l’offre, la date de signature du contrat ou la date d’établissement du devis.
Il importe de la préciser clairement dans la clause de révision pour déterminer le point de départ du calcul.
La période d’application peut être mensuelle, trimestrielle ou annuelle selon la rédaction contractuelle.
Il faut aussi définir la date de révision (par ex. fin de chaque trimestre) et la périodicité de consultation de l’index (valeur mensuelle ou moyenne trimestrielle).
En cas de marché à exécution longue, il est fréquent d’opter pour une périodicité courte (mensuelle ou trimestrielle) afin de suivre précisément l’évolution des coûts.
Les parties peuvent prévoir un plafond ou un plancher d’application si elles souhaitent limiter la variabilité du prix.
Formule type de révision de prix avec l’index BT38 (prix révisé / prix initial)
Formule usuelle : Prix révisé = Prix initial × (Index à la date de révision / Index à la date de référence).
Exemple pratique :
- Prix initial : 10 000 €
- Index BT38 référence : 120
- Index BT38 révision : 132
Calcul : 10 000 × (132 / 120) = 11 000 €.
La clause de révision doit préciser si l’on utilise les valeurs brutes d’index ou des moyennes mobiles (ex. moyenne trimestrielle).
Il faut aussi indiquer si l’on retient l’indice publié ou une valeur corrigée, et comment sont traités les arrondis et les frais annexes non couverts par l’indice.
Intégrer l’index BT38 dans un marché public
L’index BT38 sert à répercuter les variations de coûts liées à la plomberie sanitaire dans le prix d’un marché de travaux. Il faut préciser son usage, la périodicité et la formule de calcul dès la rédaction du marché pour éviter les litiges.
Rôle des index BT dans la révision des prix des marchés publics de travaux
Les index BT permettent d’ajuster le prix d’un marché pour refléter l’évolution des coûts supportés par l’entreprise entre signature et exécution des travaux.
Ils sont utilisés dans les marchés publics pour limiter le risque financier des deux parties sur des postes de coûts volatils (matières, main-d’œuvre, transport).
Pour chaque marché, on choisit l’index le plus représentatif des prestations ou des lots concernés.
L’application doit être liée à une formule de révision prévue au contrat et à une périodicité de calcul (mensuelle, trimestrielle…).
Points clés à vérifier :
- correspondance entre BT38 et la nature des prestations (plomberie sanitaire, appareils compris) ;
- période de référence (indice de base et indice d’actualisation) ;
- mécanique arithmétique (variation relative, pondération si plusieurs postes).
Quand choisir BT38 plutôt qu’un autre index dans un CCTP ou un CCAP
BT38 convient lorsque la part prépondérante du marché porte sur la plomberie sanitaire et les appareils associés.
Si les prestations incluent majoritairement d’autres corps d’état, un autre index BT plus représentatif peut s’imposer.
Considérer BT38 si :
- les quantités et coûts de plomberie dépassent une part significative du prix total ;
- les fournitures concernées (appareils sanitaires, tuyauterie) suivent les mêmes dynamiques de prix que BT38.
Éviter BT38 si :
- travaux multi-corps d’état sans pondération claire ;
- éléments majeurs du coût relèvent d’index différents (étanchéité, électricité, structure).
Recommandation pratique : indiquer dans le CCTP la méthode de pondération des indices si plusieurs index s’appliquent, ou retenir BT38 uniquement pour les lots clairement identifiés.
Rédiger une clause de révision de prix fondée sur l’index BT38 (logique, paramètres, pièges à éviter)
La clause doit définir : l’index de base (date et valeur), la périodicité d’actualisation, la formule de calcul et les plafonds/planchers éventuels.
Formule type : Prix actualisé = Prix initial × (Indice courant / Indice de base). Il est possible d’ajouter une pondération pour ne corriger que la part du prix concernée par BT38.
Paramètres à préciser :
- référence exacte de l’index INSEE (BT38 base 2010 ou autre) ;
- période de lecture de l’indice (mois de publication retenu) ;
- mécanisme de calcul des échéances de paiement liées à l’actualisation.
Pièges à éviter :
- omission de l’indice de base ou de la périodicité ;
- absence de règle de pondération pour marchés multi‑lots ;
- formules ambiguës entraînant des différences d’interprétation.
Exemple de clause simplifiée (à adapter) :
- « Révision trimestrielle : Prix révisé = Prix initial × (Indice BT38 publié au mois M / Indice BT38 du mois de base). »
Il est conseillé d’inscrire aussi la source officielle de l’indice (INSEE) et la méthode de résolution des écarts éventuels.
Bonnes pratiques pour les acheteurs publics

L’acheteur doit choisir un index adapté, définir clairement les mécanismes de révision et conserver un suivi daté et vérifiable des valeurs retenues. Ces points garantissent la sécurité juridique, la prévisibilité financière et la lisibilité pour les entreprises intervenantes.
Vérifier la cohérence entre l’objet du marché et l’index retenu (BT38 et corps d’état concernés)
L’acheteur identifie d’abord les corps d’état présents : plomberie sanitaire, appareils sanitaires, réseaux d’eaux et équipements associés. Si le marché porte principalement sur ces prestations, l’utilisation de l’index BT38 est justifiée; sinon il doit sélectionner un autre index BT adapté au lot majoritaire.
Pour les marchés mixtes, il précise une clé de répartition (pondération) des postes afin d’appliquer correctement l’index BT38 uniquement à la part pertinente du prix. Cette clé doit figurer dans les pièces contractuelles (CCTP, bordereau de prix).
En cas de travaux liés à des baux commerciaux ou à la maintenance de locaux loués, il mentionne explicitement la portée (travaux locatifs vs structurels) pour éviter les litiges sur l’index applicable.
Il documente l’analyse de cohérence dans le dossier de consultation afin de justifier le choix en cas de contrôle ou de contestation.
Articuler l’index BT38 avec les règles du code de la commande publique (révision, actualisation, seuils)
L’acheteur définit dès l’origine la formule de révision ou d’actualisation applicable, en conformité avec le code de la commande publique. Il choisit la périodicité (mensuelle, trimestrielle) et la formule mathématique (variable, fixe ou mixte) en explicitant les variables retenues dans le marché.
Il vérifie les seuils de déclenchement et les modalités de révision automatisée pour limiter les risques financiers pour les parties. Les clauses doivent prévoir la méthode de calcul, les périodes de référence et la base de l’index (ex. base 2010) afin d’éviter toute ambiguïté.
Pour les contrats liés à des loyers commerciaux ou baux commerciaux, il précise si l’index BT38 intervient dans des travaux à la charge du bailleur ou locataire et ajuste la clause de révision en conséquence.
Enfin, il prévoit une procédure de contestation et d’expertise indépendante des calculs d’index pour sécuriser la relation contractuelle.
Assurer la traçabilité des valeurs d’index utilisées dans le suivi administratif du marché
L’acheteur conserve un registre horodaté des valeurs d’index BT38 appliquées à chaque période de révision. Ce registre inclut : la valeur publiée par l’INSEE, la période correspondante, la formule de calcul utilisée et le montant ajusté du marché.
Il attache aux actes contractuels et aux actes modificatifs les extraits officiels de l’INSEE ou des publications reconnues, puis archive ces pièces dans le dossier administratif du marché.
Pour les marchés liés au secteur du bâtiment ou aux baux commerciaux, il intègre ces éléments dans les états financiers et les tableaux de bord de suivi contractuel afin de faciliter les audits et le traitement des loyers commerciaux impliquant travaux.
Il met en place des modèles standardisés (tableaux Excel ou module SIRH/SIG) pour automatiser le calcul et générer des justificatifs imprimables à joindre aux factures et aux paiements.
Bonnes pratiques pour les entreprises de travaux

L’entreprise doit intégrer BT38 dans ses méthodes commerciales, financières et contractuelles pour sécuriser ses prix en plomberie sanitaire. Une bonne utilisation de l’indice permet de bâtir des offres solides, d’anticiper l’impact sur marge et trésorerie, et de justifier clairement toute demande de révision de prix.
Utiliser BT38 pour construire une offre financière robuste en plomberie sanitaire
Identifier précisément les postes concernés par BT38 : appareils sanitaires, tuyauterie, main-d’œuvre spécialisée et fournitures associées. Affecter à chaque poste un coefficient de pondération reflétant la part du coût indexé dans le prix de revient total.
Calculer le prix de base contractuel en appliquant l’indice de référence (date de devis) et prévoir une clause d’actualisation ou de révision liée à BT38, avec formule mathématique claire (indice actuel / indice de référence × montant indexé).
Prévoir des scénarios d’offre : prix ferme limité dans le temps, prix actualisable périodiquement, ou prix révisable selon une périodicité convenue.
Documenter les sources et la méthode de calcul dans le dossier d’offre pour faciliter la négociation et la preuve en cas de litige.
Anticiper l’impact des variations de l’index sur la marge et la trésorerie
Simuler l’effet de variations de ±5–15 % de BT38 sur les marges projetées et sur le besoin en fonds de roulement. Utiliser un tableau de sensibilité simple : colonnes pour indice, coût indexé, marge brute, et trésorerie nette.
Intégrer des mécanismes de couverture interne : avances clients, paiements échelonnés liés aux jalons, ou provision pour hausse des matières.
Surveiller BT38 mensuellement et déclencher révisions budgétaires dès qu’un seuil d’écart prédéfini est dépassé (par exemple 3–4 %).
Former le responsable commercial et le directeur financier à l’interprétation de l’indice et à la mise à jour rapide des tableaux de bord.
Argumenter et justifier une demande de révision de prix auprès du maître d’ouvrage
Assembler un dossier technique et financier montrant l’écart entre l’indice de référence et l’indice courant, avec calculs ligne par ligne des montants révisés. Joindre pièces justificatives : factures fournisseurs, bordereaux de prix, et captures officielles de BT38.
Présenter la demande en respectant la clause contractuelle prévue (modalités et délais), et communiquer les hypothèses retenues (période de référence, coefficient appliqué, parties non indexées).
Adopter un ton factuel et chiffré lors des échanges : tableau comparatif avant/après révision, impact sur le calendrier d’exécution, et proposition de modalités de régularisation (paiement échelonné, compensation partielle).
Conserver toutes les communications écrites et les calculs pour l’archivage et, si nécessaire, la preuve en cas de contestation.
Erreurs fréquentes et points de vigilance

Les principales erreurs concernent le choix de l’index pertinent, la sélection des bonnes dates de référence et l’utilisation de valeurs d’index obsolètes. Ces risques affectent directement le montant des révisions et la conformité des décomptes ou avenants.
Confondre index BT38 et index général BT01 ou autres index de plomberie
Confondre BT38 avec BT01 ou un autre index entraîne des calculs de révision inadaptés au poste « plomberie sanitaire ».
BT38 couvre spécifiquement les coûts liés aux installations sanitaires et aux appareils. BT01 est un indice général du bâtiment et ne reflète pas toujours la structure des coûts propre à la plomberie.
Vérifier la désignation exacte de l’index dans le contrat évite les erreurs.
Consulter la base 2010 de l’INSEE et le libellé « Plomberie sanitaire (y compris appareils) » confirme l’usage de BT38.
Penser aussi aux indices sectoriels proches (ICC, Indice du Coût de la Construction) lorsque le contrat renvoie à une autre référence.
Mauvaise sélection des dates d’index (référence et actualisation) dans le calcul de révision
Choisir la mauvaise date de référence ou de mise à jour fausse le coefficient de révision.
La date de référence doit correspondre à celle indiquée au contrat (par ex. indice de référence au démarrage), et la date d’actualisation doit être celle de la période de facturation ou de l’avenant.
Documenter la période précise (mois/année) utilisée pour l’ICC, le BT38 ou le BT01 permet de reproduire le calcul.
Ne pas confondre indice publié (valeur arrondie) et valeur provisoire : vérifier la publication mensuelle INSEE la plus récente avant tout envoi.
Pour les contrats indexés sur l’ILAT, l’ILC ou l’IRL, s’assurer d’appliquer la formule contractuelle (par ex. ((indice actuel / indice de référence) – 1) × prix) et non une variante non prévue.
Oublier d’actualiser les valeurs d’index publiées avant l’émission d’un décompte ou d’un avenant
Émettre un décompte sans mettre à jour les indices publiés conduit à des écarts financiers et à des contestations.
Les index BT sont publiés mensuellement ; la dernière valeur disponible doit figurer dans tout décompte ou avenant.
Mettre en place une checklist avant émission réduit le risque : vérifier BT38, BT01, ICC et, si pertinent, l’IPC (indice des prix à la consommation) ou l’IRL selon la clause contractuelle.
Archiver les extraits INSEE datés et joindre la référence (mois/année, base 2010) au décompte facilite les échanges et la justification en cas de contrôle.
Que faire si l’INSEE modifie la base ou la méthode de calcul de l’index BT38 ?

Lorsqu’INSEE rebase ou change la méthodologie de l’index BT38, il est essentiel d’identifier immédiatement la nature du changement. Il doit vérifier s’il s’agit d’un simple rebasage, d’un ajustement méthodologique ou d’une suppression/reprise d’indices.
Il doit comparer les séries anciennes et nouvelles pour détecter des ruptures structurelles. Utiliser les tableaux de raccordement publiés par l’INSEE permet d’obtenir les coefficients de passage entre bases.
Prendre en compte l’impact sur les contrats indexés est prioritaire. Il lui faudra :
- vérifier les clauses d’indexation (formule, base de référence, période de référence) ;
- recalculer les coefficients de révision avec le coefficient de raccordement si fourni ;
- documenter les ajustements et les communiquer aux parties prenantes.
Si l’index change de base sans coefficient explicite, il peut prolonger l’ancienne série en multipliant par le coefficient de raccordement fourni par l’INSEE, puis arrondir selon la règle contractuelle. Il doit aussi consigner les méthodes de conversion dans un fichier de traçabilité.
En cas d’incertitude technique ou juridique, il est recommandé de consulter un expert comptable ou un juriste spécialisé. Ils peuvent aider à interpréter les clauses contractuelles et à appliquer correctement la nouvelle série d’indices.
Questions Fréquentes

L’Index INSEE BT38 sert à actualiser les prix des prestations de plomberie et appareils dans les marchés et devis. Il se consulte sur les publications INSEE et s’intègre aux méthodes de révision des prix, aux devis, et aux factures pour refléter l’évolution des coûts.
Quelle est la fonction principale de l’Index INSEE BT38 ?
L’index BT38 mesure l’évolution des prix pour la plomberie sanitaire (y compris appareils) en base 100‑2010.
Il permet de réviser ou d’actualiser automatiquement les prix contractuels ou unitaires des prestations liées à la plomberie.
Comment peut-on accéder à l’Index INSEE BT38 pour une utilisation professionnelle ?
L’INSEE publie l’index BT38 mensuellement sur son site et dans les bases de données publiques.
Des fournisseurs privés et des plateformes de gestion proposent aussi des téléchargements et des flux réguliers au format exploitable (CSV, Excel).
Quelles sont les étapes nécessaires pour mettre à jour l’Index INSEE BT38 dans les devis et factures ?
Identifier la clause de révision des prix prévue au contrat ou dans le devis.
Télécharger la valeur de l’index de référence et la valeur courante à la date de révision.
Appliquer la formule de révision contractuelle (indice de base et indice courant) pour recalculer les prix unitaires.
Actualiser les devis/factures en joignant le calcul et les indices utilisés pour justifier la révision.
Quel est l’impact de l’Index INSEE BT38 sur le calcul du coût des travaux dans le bâtiment ?
Il ajuste les montants pour tenir compte de l’évolution des coûts des matériaux et de la main-d’œuvre spécifiques à la plomberie.
Son application peut réduire le risque de pertes financières pour l’entreprise ou d’écarts imprévus pour le donneur d’ordre.
Peut-on trouver un historique de l’Index INSEE BT38 et comment cela peut-il être utile ?
Oui. L’INSEE conserve et publie les séries historiques des indices BT, consultables par mois et par année.
L’historique sert à établir des tendances, vérifier des calculs rétroactifs et construire des prévisions de coûts pour des chiffrages à moyen terme.
Existe-t-il des outils ou des logiciels recommandés pour l’intégration de l’Index INSEE BT38 dans la gestion comptable ?
Plusieurs logiciels de devis/facturation et suites de gestion BTP intègrent des modules d’indices indexés, y compris BT38.
Des tableurs (Excel) avec formules standardisées et des plugins d’import d’indices évitent les erreurs manuelles et facilitent les révisions périodiques.
Conclusion

L’index INSEE BT38 sert à suivre l’évolution des coûts de la plomberie sanitaire (appareils inclus) et à sécuriser les prix des devis, marchés et contrats quand il y a un décalage entre la signature et l’exécution. Il donne une référence “neutre” pour tenir compte des variations de matériaux, équipements sanitaires et main-d’œuvre propres à ce lot, au lieu d’utiliser un indice trop général.
En pratique, on utilise BT38 surtout dans une clause de révision/actualisation : le prix initial est recalculé en fonction de la hausse ou baisse de l’indice entre une date de base (mois de l’offre, de la signature, de la notification…) et une date de révision (mois d’exécution ou de facturation selon ce que prévoit le contrat). Ça évite les discussions sans fin : la méthode est connue à l’avance et tout le monde parle avec la même “règle”.
Côté calcul, la formule la plus simple est : P = P0 × (It / I0) (avec I0 l’indice BT38 de référence et It l’indice du mois retenu). Dans des marchés plus cadrés, on voit souvent une formule avec part fixe + part indexée du type P = P0 × [a + b × (It / I0)], pour n’indexer que la part réellement sensible. Le point clé, c’est d’écrire noir sur blanc : quelle période, quelle base, quelle source (INSEE), et quoi faire si l’indice du mois n’est pas encore publié (souvent “dernier indice connu” puis régularisation).
Enfin, les erreurs à éviter sont toujours les mêmes : prendre un mauvais indice (ex. BT01 au lieu de BT38 pour un lot plomberie), se tromper de mois de référence, ou utiliser une valeur non à jour. Et si le marché mélange plomberie + autres lots (CVC, électricité, gros œuvre), mieux vaut ventiler et indexer chaque poste avec l’indice adapté, sinon la révision devient vite contestable.
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À propos de l’auteur (Philippe COURTOIS)

Après une première partie de carrière dédiée au commerce et à la vente (Banque LCL, Unilever, groupe Seloger.com) je me suis spécialisé dès 2010 dans la réponse aux appels d’offres, d’abord au sein de grands groupes (Essity, Bureau Veritas, groupe Sonepar) puis en tant que Consultant Marchés Publics dans un cabinet de conseil, avant de participer enfin au lancement des marchés publics pour la Société du Grand Paris dans le cadre du plus grand projet d’infrastructure d’Europe (Grand Paris Express).
C’est fort de cette expertise concrète et issue du terrain que j’ai décidé en 2022 de lancer mon activité et d’accompagner les entreprises souhaitant augmenter leur part de marché sur le secteur public.
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