L’index INSEE BT11 est un indice de coût des revêtements en textiles synthétiques utilisé pour actualiser et réviser des prix dans les marchés et contrats de construction. Il sert à refléter l’évolution des coûts sectoriels pour sécuriser les montants des marchés, les révisions de loyers ou les ajustements financiers sur chantiers.

Il explique comment l’indice est construit et publié, comment l’appliquer pour l’actualisation des prix et où le consulter pour l’intégrer aux marchés, aux baux commerciaux ou aux dossiers de permis de construire en France métropolitaine. Il avertit aussi des limites et des précautions à prendre pour éviter des erreurs de calcul ou d’application.
Qui doit utiliser cet indice et quand ? Quels éléments inclure pour calculer une révision de prix fiable ? Comment lire les séries publiées pour les intégrer aux contrats ou à la gestion de patrimoine ? Ces questions guident la suite de l’article.
Points Clés
- Définit l’usage de l’indice BT11 pour actualiser et réviser les prix des marchés et contrats.
- Indique où consulter, comment calculer et appliquer l’indice dans la gestion de chantiers et baux.
- Signale les limites pratiques et les précautions à respecter lors de son utilisation.
Qu’est-ce que l’index INSEE BT11 ?
L’index BT11 mesure l’évolution des coûts liés aux revêtements en textiles synthétiques dans le secteur du bâtiment. Il s’intègre à la famille des indices BT calculés par l’Insee pour permettre l’indexation des prix et la révision des contrats de travaux.
Définition de l’index BT11 et place au sein des index bâtiment de l’INSEE
L’index BT11 est une série d’indices publiée par l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques).
Il porte sur les coûts spécifiques des revêtements en textiles synthétiques utilisés dans la construction et la rénovation de bâtiments.
Il appartient à la nomenclature des indices bâtiment (BT), conçue pour refléter l’évolution des coûts par familles d’activités du secteur du bâtiment et du BTP.
Chaque indice BT correspond à une activité précise (matériaux, main-d’œuvre, postes techniques), et BT11 se concentre sur les revêtements textiles synthétiques.
L’Insee met à jour BT11 périodiquement selon sa méthodologie statistique.
Les professionnels du bâtiment, maîtres d’ouvrage et entreprises s’appuient sur cette série pour ajuster les prix contractuels et suivre l’évolution des coûts.
Champ d’application : quels travaux et revêtements en textiles synthétiques sont visés
BT11 couvre les opérations de fourniture et pose de revêtements en textiles synthétiques destinés aux sols, murs ou toitures selon les définitions techniques retenues par l’Insee.
Sont inclus les produits comme les moquettes synthétiques, lés et revêtements techniques en fibres synthétiques, ainsi que leurs accessoires directement intégrés au chantier.
Les travaux concernés comprennent la pose, la préparation des supports et les interventions liées à la mise en œuvre des produits textile-synthétiques.
Les prestations de maintenance courante ou d’entretien hors remise en état structurelle ne relèvent généralement pas de cet index.
Les entreprises du secteur de la construction et des travaux spécialisés (division 43) utilisent BT11 pour chiffrer des lots précis.
L’index sert aussi pour comparer des séries de coûts dans des marchés suivis par l’Insee.
Différence entre l’index BT11 et les autres index BT (BT10, BT12…) et indices généraux de la construction
BT11 se distingue par son périmètre produit — revêtements textiles synthétiques — alors que d’autres indices BT (ex. BT10, BT12) couvrent des familles différentes comme les peintures, les isolants ou les revêtements minéraux.
Chaque indice BT vise une activité homogène pour améliorer la précision d’indexation.
Les indices généraux de la construction (comme l’indice global du coût de la construction ou ICC) offrent une vision plus large et agrégée des coûts du bâtiment.
Ils servent pour des usages macro-économiques ou des contrats globaux, tandis que BT11 sert pour des lots techniques ou des marchés spécialisés.
En pratique, on choisit BT11 pour indexer un marché lorsque la part significative du coût porte sur les revêtements textiles synthétiques.
Pour un contrat couvrant plusieurs postes, une combinaison d’indices BT ou l’usage d’un indice général peut être plus approprié.
Comment est construit et publié l’index BT11 ?

L’index BT11 combine des composantes liées au travail, aux matériaux, à l’énergie, au matériel et aux frais divers. Il est publié mensuellement par l’INSEE et repose sur une base 2010 avec séries historiques et coefficients de raccordement.
Composition de l’index : prise en compte du travail, des matériaux, de l’énergie, du matériel et des frais divers
L’index agrège plusieurs rubriques pondérées pour refléter le coût global des revêtements en textiles synthétiques. Les principales composantes sont : la masse salariale (salaires et charges sociales), les coûts des matériaux (fibres synthétiques, supports, colles), l’énergie (électricité, gaz pour calandrage et traitements), le matériel (machines spécifiques d’enduction et d’ennoblissement) et les frais divers (transport, emballage, assurances).
Chaque composante utilise un indice source adapté — par exemple indices salariaux pour la masse salariale, indices des matières premières pour les fibres synthétiques, et indices énergétiques pour les coûts d’électricité et de carburant.
Les pondérations reflètent la part de chaque poste dans un coût-type industriel de revêtement textile; elles sont révisées périodiquement pour rester représentatives.
Base 2010, séries anciennes (base 1974) et coefficient de raccordement
Depuis la réforme statistique, l’index BT11 est exprimé en base 100 = 2010. Les séries anciennes en base 1974 restent consultables mais sont reliées à la nouvelle base via un coefficient de raccordement.
Ce coefficient permet de traduire des valeurs historiques en base 2010 pour assurer la continuité des séries temporelles lors des calculs de révision contractuelle ou d’analyse économique.
L’INSEE publie les valeurs d’origine en base 2010 et fournit la méthode de recalage. Les praticiens utilisent le coefficient pour convertir des indices anciens et éviter les ruptures dans les calculs d’actualisation ou de révision des prix des marchés.
La documentation détaillée indique les périodes de référence et la méthode de chaînage utilisée pour les mises à jour.
Périodicité de publication, diffusion par l’INSEE et parution au Journal officiel
L’index BT11 paraît chaque mois dans les séries d’indices du bâtiment publiées par l’INSEE. Les valeurs mensuelles sont mises à disposition sur le site de l’INSEE et peuvent être consultées en téléchargement (tableaux CSV, séries chronologiques).
L’INSEE diffuse aussi la notice méthodologique expliquant les sources (indices salariaux, indices matières premières, indices énergie) et les pondérations appliquées.
Pour les usages officiels (révision de prix dans la commande publique ou clauses contractuelles), les publications régulières sont rappelées dans les bulletins administratifs et, lorsqu’une mise à jour méthodologique significative intervient, une parution ou un avis peut paraître au Journal officiel.
Les entreprises et administrations se reportent aux séries mensuelles en base 2010 et au coefficient de raccordement pour traiter les références historiques.
À quoi sert l’index BT11 dans la pratique ?

L’index BT11 permet de suivre l’évolution du coût des revêtements textiles synthétiques et d’intégrer ces variations dans les devis, les budgets et la gestion commerciale. Il sert aussi à protéger les marges des entreprises et à ajuster les prévisions budgétaires sur les chantiers neufs ou de rénovation.
Suivre l’évolution des coûts des revêtements textiles synthétiques sur les chantiers
L’index BT11 reflète l’évolution des coûts spécifiques aux revêtements en textiles synthétiques — matières premières, énergie et consommables. Les conducteurs de travaux et les acheteurs l’utilisent pour vérifier si le prix d’achat des rouleaux, membranes ou nappes suit la tendance du marché.
Sur un chantier neuf, comparer les factures fournisseurs avec l’indice BT11 permet d’identifier des écarts liés au prix de la construction ou à des hausses ponctuelles du coût de la main d’œuvre liées à la pose spécialisée.
Il sert aussi d’indicateur pour planifier les achats : programmer les approvisionnements quand l’indice est stable évite des pics de coûts et protège le coût de la construction du lot revêtement.
Sécuriser les marges des entreprises face aux fluctuations des prix
Les entreprises intègrent le BT11 dans leurs clauses contractuelles de révision de prix pour limiter l’érosion des marges. En liant une partie du prix à l’indice, elles transfèrent une part du risque d’inflation des matériaux vers le donneur d’ordre.
Cette pratique est essentielle pour préserver la rentabilité sur des prestations fournies longues ou avec des délais d’exécution décalés.
L’indice aide aussi le directeur financier à simuler l’impact de scénarios de hausse sur le prix de construction global et la marge nette, en tenant compte du coût de la main d’œuvre et des coûts de construction annexes.
Utiliser le BT11 comme repère pour élaborer des devis et ajuster des budgets travaux
Le BT11 sert de variable d’ajustement lors de l’établissement des devis : on applique un coefficient d’actualisation basé sur l’indice entre la date d’offre et la date d’exécution.
Pour la planification budgétaire et les prévisions budgétaires, il permet d’affiner les postes « revêtements » dans le coût de la construction et d’isoler leur contribution au prix de la construction total.
Les maîtres d’œuvre et économistes utilisent l’indice pour recalculer les estimations quand les marchés se prolongent, afin d’ajuster les budgets travaux sans revoir entièrement les bordereaux de prix.
Utiliser l’index BT11 pour l’actualisation et la révision de prix

L’index BT11 permet d’ajuster un prix contractuel aux variations observées des coûts des revêtements en textiles synthétiques et postes associés. Il sert à actualiser un prix initial ou à réviser périodiquement un prix en cours de marché selon une formule contractuelle.
Distinction entre actualisation de prix initial et révision de prix en cours de marché
L’actualisation de prix initial corrige la valeur d’un contrat pour tenir compte d’une date de référence différente de la date d’établissement du prix. Elle s’applique souvent lors de bilan d’actifs ou d’évaluations comptables et utilise l’index BT11 pour ramener un coût antérieur ou futur à une base commune.
La périodicité de l’actualisation est généralement ponctuelle ou liée à un événement administratif, non à des paiements récurrents.
La révision de prix en cours de marché modifie le prix payé au fournisseur pendant l’exécution des travaux. Elle se déclenche selon une périodicité contractuelle (mensuelle, trimestrielle, annuelle) et suit une formule de révision précisée au contrat.
La révision vise à compenser l’effet des variations réelles de coûts (matières, main-d’œuvre, énergie) et aboutit à un prix révisé appliqué aux décomptes suivants.
Structure type d’une formule de révision intégrant l’index BT11
Une formule de révision se compose classiquement de : poids (pondérations des postes), index de référence (valeur BT11 à la date initiale), index de période (valeur BT11 à la date de révision), et éventuels coefficients de lissage.
Formule fréquente : Prix révisé = Prix initial × (A × I_actuel / I_base + B), où A et B sont des coefficients déterminant la part révisable et la part fixe.
La périodicité de la révision doit être spécifiée (par ex. trimestrielle) et conditionne les dates d’application des valeurs BT11.
Le contrat doit aussi préciser le traitement des retards de publication d’indices, les arrondis et la méthode d’indexation pour éviter les litiges sur le calcul du prix révisé.
Exemple simple de calcul de révision entre deux dates à partir des valeurs BT11
Supposons : Prix initial = 100 000 €, BT11 base (date de signature) = 120, BT11 période de révision = 132, part révisable A = 0,9, part fixe B = 0,1.
Calcul : coef de variation = (A × 132/120) + B = (0,9 × 1,1) + 0,1 = 0,99 + 0,1 = 1,09.
Prix révisé = 100 000 × 1,09 = 109 000 €.
La périodicité de la révision (ici supposée annuelle) détermine la date à laquelle la valeur BT11 = 132 est retenue.
Il convient de documenter les valeurs BT11 utilisées, la date de consultation de l’indice et d’appliquer les règles contractuelles d’arrondi pour établir le décompte final.
L’index BT11 et les marchés publics

L’index BT11 sert à ajuster les prix des marchés lorsqu’ils portent sur des revêtements en textiles synthétiques. Il permet aux parties de corriger automatiquement les écarts de coûts liés aux composantes spécifiques du marché.
Rôle des index bâtiment dans les clauses de variation de prix du code de la commande publique
Les index bâtiment servent de référence objective pour les clauses de révision et d’actualisation des prix dans le code de la commande publique. Le maître d’ouvrage et l’entreprise fixent une formule contractuelle qui lie le prix du marché à la valeur mensuelle de l’index choisi, ce qui limite les litiges sur l’évolution des coûts.
La clause doit préciser la périodicité de lecture de l’index (mensuelle, trimestrielle), la date de base et la méthode de calcul (chaînage ou proportionnalité). Il est essentiel d’indiquer si la clause applique une variation intégrale, partielle ou plafonnée, afin de gérer le risque financier sur les marchés de travaux.
Quand choisir l’index BT11 pour un marché public portant sur des revêtements textiles synthétiques
Le BT11 s’impose lorsqu’un marché de travaux a pour objet principal les revêtements en textiles synthétiques ou lorsque ces composants représentent une part significative du coût. Le choix doit reposer sur l’analyse des postes de dépense du bordereau: matériaux textiles, fourniture et pose, et équipements spécifiques.
Le maître d’ouvrage privilégie le BT11 si les offres montrent une sensibilité forte des prix aux variations des textiles synthétiques. Si l’objet du marché est mixte, il peut être pertinent d’associer le BT11 à un autre index BT via une pondération par poste pour refléter fidèlement la structure des coûts.
Bonnes pratiques pour rédiger une clause de révision de prix fondée sur le BT11
Commencer par définir précisément l’indice retenu: référence INSEE, base 2010 (ou autre base en vigueur), et date de consultation. Indiquer la formule mathématique complète (exemple: Prix révisé = Prix initial × (Index courant / Index de base)), la périodicité d’application et la date de prise d’effet.
Préciser les modalités administratives: documents justificatifs exigés, délais de notification, et traitement des arrondis. Prévoir une clause de remplacement si l’INSEE modifie ou supprime l’index, en désignant un index de substitution et la méthode de conversion. Enfin, prévoir des plafonds ou planchers si le maître d’ouvrage souhaite limiter l’exposition budgétaire sur les marchés publics.
Comment consulter et lire les valeurs de l’index BT11 ?
La section explique où obtenir les valeurs officielles, comment lire les principales notations (base 100, variations mensuelles/annuelles) et comment interpréter une série chronologique pour repérer tendances et risques liés à l’inflation et au coût de la construction.
Où trouver les dernières valeurs BT11 : tableaux INSEE, JO, sites professionnels du BTP
Consulter d’abord le site de l’INSEE pour obtenir les séries officielles de l’index BT11 (base 2010).
L’INSEE publie les tables numériques, la documentation méthodologique et les jeux de données téléchargeables (CSV, Excel).
Vérifier le Journal Officiel pour les publications réglementaires qui citent les indices applicables aux marchés publics et à la révision des contrats.
Consulter aussi les portails professionnels du BTP (sites d’indexation, fédérations, services de veille) pour des synthèses, alertes et tableaux comparatifs actualisés.
Utiliser des sources multiples pour croiser la valeur de l’indice et détecter d’éventuelles corrections ou mises à jour.
Préférer les publications datées et vérifier la périodicité (mensuelle) pour éviter d’appliquer des valeurs obsolètes.
Comprendre les notions de base 100, évolution mensuelle, annuelle et glissement sur plusieurs années
La base 100 (référence 2010) signifie que la valeur 100 correspond au niveau des prix en 2010 pour la série BT11.
Une valeur supérieure à 100 indique une hausse par rapport à 2010, une valeur inférieure indique une baisse.
L’évolution mensuelle mesure le pourcentage de variation d’un mois sur le précédent.
L’évolution annuelle compare la même période d’une année à l’autre (12 mois) pour neutraliser la saisonnalité.
Le glissement sur plusieurs années calcule la variation cumulée sur N années, utile pour estimer l’impact de l’inflation et de l’augmentation des coûts de production.
Comparer BT11 avec l’IPC (indice des prix à la consommation) et l’indice du coût de la construction aide à situer la dynamique sectorielle par rapport à l’inflation générale.
Interpréter une série chronologique BT11 pour analyser les tendances de coûts
Extraire la série chronologique mensuelle et tracer un graphique pour visualiser tendances, cycles et points d’inflexion.
Repérer pics, creux et pentes longues pour identifier périodes d’accélération des coûts.
Calculer moyennes mobiles (3 ou 12 mois) pour lisser les variations et mieux distinguer tendances structurelles des fluctuations ponctuelles.
Comparer la variation BT11 à l’IPC pour détecter une hausse spécifique des revêtements textiles synthétiques liée à des facteurs sectoriels (matières premières, main-d’œuvre).
Analyser corrélations avec indices économiques pertinents (indice du coût de la construction, indices de matières premières) pour anticiper risques de hausse dans les devis et clauses de révision des prix.
Documenter toute variation significative et sa date afin d’argumenter des révisions de prix ou des provisions budgétaires.
Intégrer l’index BT11 dans la gestion de ses marchés et chantiers

L’index BT11 doit être intégré dans les devis, les clauses contractuelles et les tableaux de bord financiers pour garantir une révision automatique et traçable des prix. Il faut aussi prévoir son articulation avec d’autres indices et vérifier les modalités de facturation liées aux variations.
Paramétrer ses modèles de devis, contrats et tableaux de bord avec le BT11
Ils doivent insérer une clause de révision explicitant l’utilisation du BT11 comme référentiel.
La formule doit préciser : indice de référence (valeur et date), périodicité de mise à jour, base de calcul et effet sur les lignes de prix (main-d’œuvre, matériaux, prestations sous-traitées).
Pour la facturation, il convient de lier clairement les factures périodiques au calcul révisé pour éviter les litiges.
Les tableaux de bord financiers doivent afficher l’indice courant, l’indice de référence et le coefficient de révision appliqué par poste (ex. coûts salariaux, revêtements textiles).
Il est recommandé d’automatiser le calcul dans l’ERP ou le tableur : champ indice, date d’application, montant initial, montant révisé.
Prévoir une versionnement clair des contrats et une validation dédiée pour toute substitution d’indice.
Points de vigilance : choix de la date de référence, périodicité de révision, plafonds et planchers de variation
Choisir la date de référence influence directement la charge financière.
La date doit être indiquée avec précision (mois/année) et figurer sur le devis et le contrat.
Déterminer la périodicité (mensuelle, trimestrielle, semestrielle) en fonction de la nature du marché et de la volatilité des prix.
Les marchés courts peuvent utiliser des révisions mensuelles ; les marchés longs préfèrent souvent trimestrielles pour limiter les ajustements administratifs.
Fixer des plafonds et planchers protège les parties contre des variations extrêmes.
Préciser les bornes en pourcentage annuelles et la méthode d’application (p.ex. prorata temporis) afin d’encadrer l’impact sur la rentabilité et les charges sociales associées aux révisions salariales.
Articulation de l’index BT11 avec d’autres index (BT01, index matériaux, indices salariaux, etc.)
L’index BT11 couvre spécifiquement les revêtements en textiles synthétiques ; il faut le combiner avec d’autres indices pour obtenir une couverture complète.
Attribuer chaque poste de coût à l’indice le plus représentatif : BT01 pour lots généraux, index matériaux pour achats de matières premières, indices salariaux pour charges sociales et coûts salariaux.
Documenter la règle d’arbitrage : si plusieurs indices sont applicables, définir une pondération ou une hiérarchie claire dans le contrat.
Expliquer comment les révisions distinctes se cumulent sur la facturation et prévoir des exemples chiffrés dans l’annexe contractuelle pour éviter toute interprétation divergente.
Vérifier périodiquement la pertinence des index choisis et prévoir une clause de substitution encadrée si un indice est supprimé ou fusionné.
Cela protège la prévisibilité des prix et clarifie le calcul des montants soumis à facturation.
Limites et précautions d’usage de l’index BT11

L’index BT11 concerne spécifiquement les revêtements en textiles synthétiques et vise à actualiser les prix en fonction de la variation des coûts sectoriels. Il convient d’évaluer sa pertinence au regard du contenu technique du lot, des règles contractuelles et des risques financiers liés à un mauvais choix d’index ou à une formule de révision inadaptée.
Situations où l’index BT11 n’est pas adapté (prestations mixtes, autres types de revêtements, lots multi-corps d’état)
L’index BT11 ne convient pas quand le lot comporte une part significative d’ouvrages hors textiles synthétiques : membranes bitumineuses, revêtements métalliques ou peintures techniques doivent être couverts par d’autres indices.
Pour des prestations mixtes, il est préférable de ventiler le marché en sous-lots ou en postes chiffrés, chacun rattaché à un index pertinent. Cette ventilation évite les erreurs de corrélation entre coût réel des matériaux et évolution de l’index.
Dans les marchés multi-corps d’état (par ex. lot sol + étanchéité + finitions), l’usage unique de BT11 expose à des risques financiers si les fournitures ou la main-d’œuvre représentent des coûts non corrélés à BT11.
Il faut vérifier les coefficients de pondération (matériaux, main-d’œuvre, consommables) et, si nécessaire, utiliser plusieurs indices ou une formule composite pour refléter la structure des coûts.
Risques liés à un mauvais choix d’index ou à une formule de révision mal rédigée
Un index inadapté peut entraîner des écarts de prix non couverts et conduire à des pertes financières pour l’entreprise ou à des contentieux avec le maître d’ouvrage.
Les risques financiers incluent sous-indexation (coûts réels supérieurs à l’évolution de l’index) et surestimation (paiements injustifiés si l’index surévalue certaines composantes).
Une formule de révision ambiguë ou mal paramétrée (périodicité, période de référence, coefficients mal définis) accroît le risque de litiges.
Les clauses doivent préciser : base de calcul, éléments inclus/exclus, périodicité de révision et mode d’arrondi. L’absence de précision sur la ventilation matériaux/main-d’œuvre facilite les interprétations divergentes.
Bonnes pratiques pour justifier l’utilisation de l’index BT11 auprès du maître d’ouvrage et des partenaires
Documenter la composition du prix initial en indiquant la part exacte des revêtements textiles synthétiques et la répartition matériaux/main-d’œuvre.
Fournir fiches techniques des matériaux et devis fournisseurs pour étayer le rattachement à BT11.
Proposer une ventilation contractuelle (sous-lots ou postes) ou une formule composite si d’autres familles de coûts sont significatives.
Inclure une annexe expliquant la méthodologie de calcul et des simulations d’impact (scénarios +/−10% de l’index) pour montrer les conséquences financières.
Inscrire clairement les règles de preuve et d’ajustement (factures, bordereaux de livraison) et convenir d’un calendrier de révision.
Faire valider la formule par le maître d’ouvrage et conserver traces écrites des accords pour limiter les risques financiers et les différends.
Questions Fréquentes

L’index BT11 sert à réviser les prix liés aux revêtements en textiles synthétiques et à suivre leur évolution mensuelle. Il se consulte via les publications INSEE et s’applique dans les formules de révision de prix des marchés et devis.
Quelle est la fonction principale de l’index INSEE BT11 ?
L’index BT11 mesure l’évolution des prix des revêtements en textiles synthétiques dans le bâtiment. Il permet d’ajuster contractuellement les prix pour compenser l’inflation ou la variation des coûts de ces matériaux.
Comment peut-on accéder à l’index INSEE BT11 ?
L’index se trouve sur le site de l’INSEE, publié chaque mois en base 2010. Il est aussi repris par des bases de données professionnelles et des outils de gestion des marchés qui offrent des séries historiques téléchargeables.
Quelles sont les étapes à suivre pour mettre à jour les coûts de construction avec l’index INSEE BT11 ?
Identifier la clause de révision dans le contrat précisant la formule et l’index de référence. Relever la valeur BT11 à la date contractuelle initiale et à la date de révision, puis appliquer la formule de révision prévue (ex. proportionnelle ou pondérée). Calculer l’ajustement et intégrer la variation au prix du marché ou du devis.
Peut-on utiliser l’index INSEE BT11 pour des projets de rénovation ?
Oui, il convient pour des travaux impliquant des revêtements en textiles synthétiques, qu’ils soient neufs ou en rénovation. Il faut s’assurer que la clause contractuelle mentionne explicitement BT11 comme index de révision pour que l’ajustement soit valide.
Quelle est la fréquence de mise à jour de l’index INSEE BT11 ?
L’INSEE publie les indices BT, dont BT11, chaque mois. Les valeurs mensuelles permettent des révisions régulières selon les modalités prévues au contrat.
Quelles sont les alternatives à l’index INSEE BT11 pour l’estimation des coûts de construction ?
On peut utiliser d’autres indices BT (par exemple BT01 ou BT38) selon le poste concerné ou des indices sectoriels publiés par des fédérations professionnelles. Les entreprises peuvent aussi recourir à des observations de marché, des bases de prix métier ou des indices composés fournis par des fournisseurs de données privées.
Conclusion

L’index INSEE BT11 est un outil très utile dès qu’un marché comporte des revêtements en textiles synthétiques : il sert à traduire objectivement l’évolution des coûts (matières, main-d’œuvre, énergie, logistique) et à garder un prix contractuel aligné sur la réalité du secteur. En clair, il évite que vos prix restent “figés” alors que les coûts bougent, ce qui sécurise autant l’entreprise que le maître d’ouvrage.
Pour en tirer une vraie valeur, le point clé reste l’intégration contractuelle : choisir BT11 pour le bon périmètre, fixer une date de référence (mois/année), une périodicité (mensuelle/trimestrielle) et une formule lisible (avec part fixe/part indexée si besoin). Quand tout est cadré, la révision devient mécanique, compréhensible et défendable — donc beaucoup moins de frictions au moment des situations et du décompte final.
BT11 est aussi un bon levier de pilotage : suivre la série INSEE dans le temps permet d’anticiper les risques (devis, achats, planification), d’ajuster des budgets de lots “revêtements” et de justifier des hypothèses économiques dans une offre ou une analyse patrimoniale. Et si le marché est mixte, c’est souvent là qu’il fait la différence : on peut ventiler les postes et combiner plusieurs indices plutôt que d’appliquer un indice général qui “dilue” les variations.
Enfin, la précaution qui évite 90% des galères : la traçabilité. Conservez les valeurs utilisées, les dates de publication/consultation, la base (2010), et documentez vos calculs (arrondis, indices provisoires/définitifs, éventuels raccordements). BT11 devient alors un filet de sécurité propre, carré, et beaucoup plus simple à expliquer — en interne comme face à un client ou un acheteur public.
Je veux remporter des appels d’offres ! 🏆
À propos de l’auteur (Philippe COURTOIS)

Après une première partie de carrière dédiée au commerce et à la vente (Banque LCL, Unilever, groupe Seloger.com) je me suis spécialisé dès 2010 dans la réponse aux appels d’offres, d’abord au sein de grands groupes (Essity, Bureau Veritas, groupe Sonepar) puis en tant que Consultant Marchés Publics dans un cabinet de conseil, avant de participer enfin au lancement des marchés publics pour la Société du Grand Paris dans le cadre du plus grand projet d’infrastructure d’Europe (Grand Paris Express).
C’est fort de cette expertise concrète et issue du terrain que j’ai décidé en 2022 de lancer mon activité et d’accompagner les entreprises souhaitant augmenter leur part de marché sur le secteur public.
À propos d’AO Conquête
AO Conquête accompagne les PME souhaitant se positionner efficacement sur les marchés publics afin de gagner en croissance.
Détection des appels d’offres, analyse du dossier de consultation, construction du dossier de réponse, rédaction ou refonte de votre mémoire technique : quel que soit votre secteur d’activité, c’est toute une gamme de solutions clé-en-main que nous proposons pour accompagner votre développement commercial.
Ne passez plus à côté des appels d’offres !

Augmentez dès maintenant votre taux de réussite sur les marchés publics en contactant un expert !

En savoir plus
AO Conquête s’engage à accompagner le développement de votre entreprise en la positionnant efficacement sur le secteur public.
Ne passez plus à côté des appels d’offres et contactez-nous dès maintenant :

